Jazz à Juan plébiscite deux légendes : Wayne Shorter et Branford Marsalis

Par @Culturebox
Publié le 19/07/2017 à 17H41
Branford Marsalis et son quartet. 

Branford Marsalis et son quartet. 

© Capture d'écran France 3 Côte d'Azur

Honneur aux saxophonistes, hier soir, au 57e festival de Juan. C'est la légende vivante Wayne Shorter qui a ouvert le bal avec son quartet. A 83 ans, il n'a rien perdu de son talent d'improvisateur. Le fils aîné du célèbre clan Marsalis a lui aussi conquis le public, tout comme son invité spécial, le crooner Kurt Elling, avec qui il a engagé des battles voix/saxo réjouissantes.

Reportage : M. Brucker / F. Tisseaux / E. El Koubi / K. Schmid
Considéré comme l’un des plus grands saxophonistes vivants et l’un des meilleurs compositeurs de l’histoire du jazz, Wayne Shorter est un habitué du festival de Juan : c’est sa 11e prestation sur la scène de la Pinède Gould. A bientôt 84 ans, l’ancien saxophoniste de Miles Davis n’a rien perdu de son génie et de sa créativité. Fidèle à son quartet qu’il a fondé il y a plus de 15 ans, il repousse sans cesse les limites de l’improvisation. Grâce à ses trois complices, le pianiste Danilo Perez, le contrebassiste John Patitucci et le batteur Brian Blade, le maître américain semble avoir retrouvé une seconde jeunesse.
Wayne Shorter et son quartet. 

Wayne Shorter et son quartet. 

© Erica Gannett
En deuxième partie, Branford Marsalis n'a pas démérité. Fils du pianiste de jazz Ellis Marsalis et frère du non moins célèbre trompettiste Wynton Marsalis, l'aîné de la dynastie a su trouver sa propre signature musicale. Du jazz à la pop en passant par le classique, le saxophoniste s'est illustré dans de nombreux genres musicaux. Depuis ses débuts, il a accompagné les plus grandes pointures, de Miles Davis à Art Blaket, en passant par Dizzy Gillespie, Herbie Hancock, Sonny Rollins et Sting. 
Branford Marsalis et Kurt Elling.

Branford Marsalis et Kurt Elling.

© Palma Kolansky
A Juan, le public a pu le découvrir avec son quartet, aux côtés de Joey Calderazzo (piano), Eric Revis (basse) et Justin Faulkner (batterie). En 2001, Branford Marsalis avait dû annuler son concert au festival à cause de la pluie. C'est donc la première fois qu'il jouait à la Pinède, pour le plus grand bonheur des spectateurs. 

Un crooner en guest star 

Le saxophoniste de la Nouvelle-Orléans avait invité le chanteur Kurt Elling, originaire de Chicago, un virtuose du scat et du swing, dans la lignée de Franck Sinatra. Tous deux se sont livrés à des joutes jazzistiques, mêlant la voix au timbre musclé du crooner à la sonorité moelleuse du saxo. "C'était divin !" conclue une spectatrice enchantée, tant par le concert que par le décor qui l'entoure, avec la mer et la lumière du soleil couchant sur la scène de la Pinède Gould. A noter : Branford Marsalis jouera sa dernière date de l'année en France demain soir, au Théâtre Silvain, à Marseille. Il partira ensuite pour une grande tournée qui le conduira notamment aux Pays-Bas, en Allemagne, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. 
Archie Shepp.

Archie Shepp.

© Monette Berthomier
Et il y a encore du lourd à venir ! Jugez plutôt : Macy Gray et Gregory Porter ce mercredi soir, Sting demain, sans oublier l'autre légende vivante du jazz Archie Shepp (vendredi), et Jamie Cullum (samedi) qui a déjà enchanté le public de Jazz à Vienne le 5 juillet dernier. Que du beau monde, donc... Jazz à Juan, qui attend 30 000 spectateurs d'ici à dimanche, reste l'un des festivals de jazz les plus prisés au monde. 
affiche jazz à juan