Israël : à portée de tirs, la ville d'Eilat accueille son festival de jazz

Par @Culturebox
Publié le 26/08/2016 à 15H11
Le saxophoniste israélien Eli Degibri, patron du Red Sea Jazz Festival, ici sur scène en juillet 2014 lors du Nice Jazz Festival

Le saxophoniste israélien Eli Degibri, patron du Red Sea Jazz Festival, ici sur scène en juillet 2014 lors du Nice Jazz Festival

© Richard Ray / PhotoPQR / Nice Matin / MaxPPP

Située à portée de roquettes, la station balnéaire israélienne d'Eilat accueille son festival de jazz à partir de samedi, convaincue que rien ne pourra le gâcher, pas même d'éventuels tirs du Sinaï égyptien.

Le festival annuel de la Mer Rouge se tient pendant quatre jours dans cette cité sur la mer Rouge, distante de quelques kilomètres de la péninsule du Sinaï où les forces égyptiennes luttent contre le groupe jihadiste d'Ansar Beit al-Maqdess (Partisans de Jérusalem). Ce groupe, qui a prêté allégeance à l'organisation État islamique (EI), a revendiqué ces dernières années des tirs à partir du Sinaï sur le sud d'Israël, dont les tirs de deux roquettes en janvier 2014 contre Eilat qui n'avaient pas fait de victime.

Trois ans plus tôt, en août 2011, des attaques coordonnées attribuées par Israël à un groupe palestinien avaient fait huit morts à 20 km au nord d'Eilat et provoqué cette année-là l'annulation de la venue de plusieurs musiciens étrangers au festival de jazz.

"Quand bien même 100 roquettes seraient tirées vers Eilat, personne n'annulerait sa participation", a déclaré cette semaine à l'AFP Eli Degibri, saxophoniste et directeur du festival qui fête son 30e anniversaire.

Les artistes étrangers se font rares, mais Chick Corea sera là

La fête accueillera surtout des musiciens israéliens, alors que les artistes étrangers se sont fait rares, craignant de possibles attaques. Seule exception, Chick Corea, illustre pianiste américain, sera sur scène.

Trente concerts devraient attirer plus de 12.000 amateurs, bien plus que la moyenne habituelle de 7.500 visiteurs.

Pour Eli Degibri, le fait que la plupart des musiciens soient israéliens ne constitue pas un handicap. "C'est devenu un concept, un hommage rendu au jazz israélien", souligne ce saxophoniste qui a joué avec les plus grands musiciens américains, de Herbie Hancock au batteur Al Forster, avant de revenir en Israël il y a cinq ans.

Israël, vivier de grands musiciens de jazz

Le bassiste Avishaï Cohen est lui aussi désormais basé à Jérusalem, tandis que son homonyme trompettiste revient régulièrement se produire à Tel-Aviv, après que le jazz israélien a "conquis New York" à la fin des années 2000, selon les termes du célèbre magazine américain Jazz Times.

De fait, outre les deux Avishai Cohen et Eli Degibri, Israël s'impose comme un impressionnant vivier de formidables musiciens de jazz, des pianistes Shai Maestro à Yonathan Avishai en passant par le contrebassiste Omer Avital, pour ne citer qu'eux.