François Raulin met en jazz la tragédie de Ishi, le dernier Indien Yana, un peuple d'Amérique

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/04/2015 à 18H54, publié le 02/04/2015 à 17H44
Ishi, le dernier indien du peuple Yana, auquel François Raulin consacre un hommage musical émouvant et original 

Ishi, le dernier indien du peuple Yana, auquel François Raulin consacre un hommage musical émouvant et original 

© DR

Jusqu’au 4 avril, le Voiron Jazz Festival offre une affiche éclectique avec des créations qui sortent des sentiers battus. "Restez, je m’en vais" en fait partie. Imaginé par le compositeur et pianiste François Raulin, ce spectacle est construit autour de l’histoire d'Ishi, dernier Indien issu du peuple Yana. À découvrir le 3 avril à l’Auditorium Messiaen à Grenoble.

Pour cette création, François Raulin s’est inspiré de l’histoire d'Ishi qui est à elle seule un témoignage bouleversant de la lente agonie des Indiens Yanas, victimes comme tant d’autres de la conquête de l’Ouest et de l’avidité des hommes. 

Reportage : D. Borrelly / F. Ceroni / A. Kebabti


Le peuple Yana était composé de quatre sous-tribus qui se partageaient un territoire montagneux d’environ 900 km² au Nord de la Californie. Parmi ses quatre tribus, celle des Yahis où Ishi a vu le jour dans les années 1870, en pleine période de massacres.
 
Tout le monde pensait la tribu exterminée, mais en 1908, un groupe de géologues découvrit par hasard un campement d’une quinzaine d’Indiens. Apeurés, ils partirent se cacher dans la forêt. Trois ans plus tard, le seul survivant du peuple Yana, affamé, décidait de marcher vers le monde des Blancs. Ne pouvant donner son nom, il fut baptisé Ishi (« homme » en Yana) par l’anthropologue Albert Louis Kroeber qui se lia d’amitié avec lui.

Ishi en 1914

Ishi en 1914


Ishi fut logé au musée d’anthropologie près de Golden Gate Park. Un mois après, le musée ouvrit ses portes au public On décida alors d’y « exposer » Ishi. Il raconta l’histoire de son peuple, son mode de vie mais sans que personne ne puisse le comprendre. Il était le seul survivant de son peuple donc le seul à parler sa langue. Il mourut le 25 mars 1916, son corps fut incinéré comme le voulait la tradition Yahi qui pratiquait la crémation. Son cerveau a été conservé. Il quitta ce monde en disant : « Restez, je m’en vais. »

Une suite pour trois musiciens et une voix
 

François Raulin a construit autour de cette histoire une suite musicale pour trois musiciens : lui-même au piano, François Corneloup au saxophone baryton et soprano, François Mercille à la batterie. La comédienne Anne Alvaro prête sa voix au récit, tiré en partie des textes du livre de Theodora Kroeber, la femme de l’anthropologue Albert Louis Kroeber, le tout sur des images projetées sur écran (photos de Ishi, images et sons en rapport avec l’histoire du peuple Yahi).
 
" Restez, je m’en vais " sera également joué au festival Jazz à Cluny en août 2015.

" Restez, je m’en vais " le vendredi 3 avril à 18h30 salle Messaien à Grenoble