Duke Ellington célébré dans une tournée des cathédrales avec "Sacred Concerts"

Par @OlivierFlandin
Mis à jour le 07/06/2015 à 15H51, publié le 02/06/2015 à 16H32
Le Duke Orchestra lors du concert de la Maedeleine à Paris en octobre 2014.

Le Duke Orchestra lors du concert de la Maedeleine à Paris en octobre 2014.

© Copie d'écran France 2 / Culturebox

Le chef d’orchestre et trompettiste Laurent Mignard avait créé l’événement avec son "Duke Ellington sacred concert", qui avait célébré le grand musicien de jazz dans les murs de l’église de la Madeleine, à Paris. Après la publication d’un CD et d’un DVD, le spectacle part en tournée dans plusieurs cathédrales de France.

En France, nous ne sommes pas vraiment habitués à entendre du jazz dans les églises. Laurent Mignard explique ne pas avoir eu trop de mal à convaincre les évêques à bien vouloir accueillir ses 80 musiciens pour faire ses "Te Deaum Ellingtoniens". Il y a tout de même eu "un gros travail de production", a t-il confié à l'AFP. "Pendant cette tournée, il y a 32 membres permanents sur scène, les quinze musiciens de l'orchestre, douze choristes professionnels et cinq solistes, auxquels s'ajoutent dix techniciens."

Sur cette ossature, se greffent, pour certains concerts, des chorales locales : à Rennes, le Soul Spirit Choir vient porter le nombre de personnes sur scène à une centaine, et à Toulouse, les Soul Sunshine Voices les portent à une soixantaine.

La religion du jazz 

Auteur de mégas standards païens ("It don’t mean a thing ", "Satin Doll", "In a sentimental Mood"...), le dieu du jazz Ellington a aussi composé de la musique religieuse vers la fin de sa vie. Sa première expérience dans la cathédrale de San Francisco, au milieu des années 60, a été pour lui, a expliqué Laurent Mignard sur France 2, "l’événement le plus important de sa vie, une révélation".

Après son interview par Elise Lucet sur le plateau du 13h dans la vidéo ci-dessous, ne manquez pas le live du Duke Orchestra et la prestation de claquettes de Fabien Ruiz, le chorégraphe de The Artist. 

L'idée d'une telle tournée était en germe depuis le "Sacred Concert" de l'église de La Madeleine à Paris, avec plus de 120 choristes dont la petite-fille de Duke Ellington, Mercedes Ellington. Cet oratorio mêlant avec ferveur et élégance le jazz, le gospel, la danse, les claquettes et la musique néo-classique, et que Duke Ellington avait composé à l'automne de sa vie pour rendre grâce au divin, avait alors été acclamé par plus de 1.200 personnes. 

Swing et cathédrales  

Plus qu'un concert, le "Tour des Cathédrales" est un véritable spectacle, avec une mise en lumière adaptée à l'architecture de chaque édifice et un gros travail d'amplification afin d'en corriger les failles acoustiques. "Chaque cathédrale deviendra le décor du spectacle", a souligné Laurent Mignard.

Copie conforme du big band de Duke Ellington, le Laurent Mignard Duke Orchestra se consacre depuis douze ans avec dévotion à l'interprétation de la musique du célèbre pianiste afro-américain qui, au-delà du jazz, "swing" ou jungle", est considéré comme l'un des plus grands compositeurs du XXe siècle tous genres confondus.


"Sacred Concerts" de Laurent Mignard Duke Orchestra en tournée : 
Après Paris, Lille et Rennes,
9 juin à la Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse
10 juin à la Cathédrale Saint-Sauveur, à Aix-en-Provence
11 juin à la Basilique Notre-Dame de Fourvière, à Lyon
12 juin à l'église Sainte-Perpétue de Nîmes