Django Reinhardt à la Cité de la Musique : les mystères d'un génie

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 04/10/2012 à 10H38
Portrait de Django Reinhardt, 1933

Portrait de Django Reinhardt, 1933

© Émile Savitry courtesy Sophie Malexis.

De ses débuts dans la roulotte familiale à l'aventure américaine au côté de Duke Ellington, la Cité de la Musique raconte le swing unique de Django Reinhardt, dans l'exposition "Django Reinhardt, Swing de Paris", du 6 octobre au 23 janvier - jour anniversaire de sa naissance en 1910.

Le commissaire d'exposition a mis un an et demi à rassembler des archives auprès de collectionneurs privés. La famille de Reinhardt, qui ne possède plus d'objets liés à la musique, a prêté des toiles réalisées par Django lorsqu'il s'était tourné vers la peinture, essentiellement des nus et des paysages naïfs. Le petit-fils de Django, David, est intervenu auprès d'une famille manouche de Montreuil pour qu'elle veuille bien prêter un banjo "réputé" comme ayant appartenu à Reinhardt et conservé comme une relique.

Car très rares sont les instruments de Django à avoir pu être authentifiés alors que la plupart de ses biens furent brûlés à sa mort, selon la tradition tsigane. "On ne peut avoir la certitude que sur un seul instrument, une guitare Selmer, léguée par sa veuve. On y distingue encore la déformation laissée par le ticket de métro que Django avait l'habitude de glisser sous le chevalet", explique Vincent Bessières.

Bande annonce du film de Christian Cascio

L'exposition évoque chronologiquement le parcours du musicien, disparu le 16 mai 1953. Elle revient sur ses débuts dans les bals musette et sur l'incendie de sa roulotte qui lui fit perdre l'usage de deux doigts à 18 ans. Puis, ce sont les débuts au Palm Beach de Cannes, la naissance du quintette du Hot Club de France avec Stéphane Grappelli, les années d'Occupation, heures de gloire paradoxales alors que les Tsiganes sont persécutés par les nazis. Suivent la tournée américaine avec Duke Ellington en 1946, le désintérêt progressif pour la musique, puis le retour vers un jazz plus moderne avec le be-bop et la disparition brutale à 43 ans.

Lettres, disques, partitions, affiches de concerts sont installés dans des vitrines ouvertes. Certaines sont adossées aux piliers, comme si elles venaient d'être posées là, d'autres évoquent des tables de billard, une des passions de Django. Les documents évoquent par bribes la personnalité du musicien. Des photos le montrent transmettant dès le berceau la passion de la musique à son fils Babik. Des lettres manuscrites, écrites d'une main hésitante, laissent entrevoir l'enfance nomade loin de l'école.

"Cette exposition m'a fait découvrir le mystère du génie, ce que je n'avais pas mesuré jusque-là. L'ensemble des enregistrements de Django tient sur 40 CD et il est impeccable à chaque fois, il est d'un niveau d'inspiration incroyable", souligne Vincent Bessières. Des caissons, rappelant les banquettes d'une roulotte, permettent d'écouter des oeuvres du musicien. Tous les vendredis et samedis, des musiciens actuels, héritiers de Django, viendront donner des mini-concerts dans l'enceinte de l'exposition.


Cité de la musique. 221, avenue Jean Jaurès. 75019 Paris. Du mardi au jeudi de 12h à 18h. Le vendredi et samedi de 12h à 22h. Le dimanche de 10h à 18h.