Décès du pianiste de jazz Paul Bley

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/01/2016 à 09H01, publié le 06/01/2016 à 09H43
Paul Bley, détail de la pochette du disque "About Time"

Paul Bley, détail de la pochette du disque "About Time"

© Justin Time Records

Le pianiste canadien Paul Bley, grand nom du jazz qui a joué avec les pointures de son temps, de Charlie Parker ou Charles Mingus à Art Blakey ou Chet Baker, et dont le jeu subtil a influencé des artistes comme Keith Jarrett, est décédé lundi à l'âge de 83 ans, a annoncé mardi sa maison de disques ECM Records.

Le musicien est mort chez lui en Floride, a rapporté ECM qui n'a donné aucun autre détail.  
 
Né à Montréal le 10 novembre 1932, Paul Bley avait commencé à jouer du violon à cinq ans avant de passer au piano à l'âge de huit ans. Il forme son premier groupe à 13 ans. A 17 ans, il remplace Oscar Peterson à l'Alberta Lounge, une salle réputée du centre de sa ville natale. 

Dans les années 1950, il crée le Jazz Workshop à Montréal. À 20 ans à peine, il enregistre son premier disque, avec Charlie Parker, Charles Mingus et Art Blakey, "Introducing Paul Bley". À la même époque, il joue aussi avec Lester Young.
 
Dès 1958, il engage les jeunes musiciens Don Cherry, Ornette Coleman, Charlie Haden et Billy Higgins.
Paul Bley, en 1973, au Parc floral de Vincennes


Du bebop au free jazz 

Au début des années 1960, il tourne avec Jimmy Giuffre, Steve Swallow, notamment sur des compositions de sa première femme, Carla Bley.
 
Il abandonne le bebop pour s'aventurer dans le free jazz et à la fin des années 1960, il est un des premiers jazzmen à s'intéresser aux synthétiseurs.
Paul Bley, Steve Swallow et Barry Altschul jouent "Ida Lupino", une composition de Carla Bley


Un grand improvisateur 

La liste est encore longue des stars du jazz avec qui il a partagé la scène ou enregistré : Bill Evans, Sonny Rollins, Gary Peacock, Coleman Hawkins, Chet Baker, Pat Metheny
 
Paul Bley est célèbre pour ses talents d'improvisateur et son jeu mélodique subtil et dépouillé qui a influencé celui de Keith Jarrett. Il a abondamment exploré la formule du trio, mais il a aussi beaucoup joué et enregistré en solo.

En 1999, il avait publié une autobiographie, "Paul Bley and the Transformation of Jazz".
The Fabulous Paul Bley Quintet, "The Blessing", avec Ornette Coleman, Charlie Haden, Billy Higgins et Don Cherry