Ahmad Jamal, un nouvel album et un Châtelet

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 05/02/2012 à 19H17
Ahmad Jamal le 12 juillet 2011 au Nice Jazz Festival

Ahmad Jamal le 12 juillet 2011 au Nice Jazz Festival

© Bebert Bruno / SIPA

Cette semaine, le célèbre pianiste de jazz américain sort un nouvel disque, «Blue Moon», sur un nouveau label (Jazz Village), et s’offre une soirée au Théâtre du Châtelet, jeudi 9 février.

A 81 ans, Ahmad Jamal ne semble nullement disposé à se reposer sur ses lauriers. L’album à paraître, long de 77 minutes, comporte de nouvelles compositions et regorge d’idées et de couleurs.

Les nouvelles musiques ont été enregistrées avec un groupe remanié : arrivée d’un nouveau contrebassiste, Reginald Veal (il remplace James Cammack qui a officié quelque 27 ans auprès de Jamal), retour d’un ancien batteur, Herlin Riley (il a joué avec Jamal dans les années 80 avant de le quitter pour rejoindre le trompettiste Wynton Marsalis). «Herlin, je lui ai donné son premier boulot, et il revient à la maison», a confié à l'AFP Ahmad Jamal à propos du batteur qui l'a accompagné entre 1984 et 1987. Le pianiste a gardé par ailleurs son percussionniste Manolo Badrena.

«Les musiciens s'épanouissent, se construisent. Certaines choses de base sont toujours là dans ma musique, le sens mélodique par exemple, mais la densité du son a changé avec l'âge, et la partie rythmique devient plus élaborée», explique encore à l’AFP le pianiste.

Un survivant de l'âge d'or du jazz
Depuis ses débuts, qui remontent aux années 1940, Ahmad Jamal, né Frederick Russell Jones le 2 juillet 1930 à Pittsburgh (Pennsylvanie), converti à l’islam en 1952, semble avoir eu plusieurs vies. Le pianiste a connu ses premiers triomphes dès les années 50 avec le trio formé avec le contrebassiste Israel Crosby et le batteur Vernel Fournier. Après la fin de ce trio légendaire et une période difficile durant laquelle il s’est dispersé dans d’autres activités (production, création d’une maison de disques), Jamal s’est recentré sur la musique dans laquelle il a beaucoup expérimenté. Il a notamment collaboré avec le vibraphoniste Gary Bunton. Il a longtemps travaillé avec le contrebassiste James Cammack, qu'il vient de remplacer, et le batteur Idris Muhammad.

Au milieu des années 1990, Ahmad Jamal a enrichi et dynamisé sa formule de prédilection, le trio -piano, (contre)basse, batterie- en engageant le percussionniste porto-ricain Manolo Badrena. Aujourd’hui, l’énergie et la créativité du pianiste, survivant de l’âge d’or du jazz, semblent intactes. «Je vis une vie passionnante, et lorsque vous vivez une vie intéressante, vous continuez à découvrir. (…) Ma vie est simple, j'essaie de jouir de tous les éléments qui m'entourent», explique celui qui revendique le fait de jouer de la musique classique américaine.
 

"Blue Moon", chez Jazz Village/Harmonia Mundi, sortie annoncée pour le 7 février.

En concert au Théâtre du Châtelet
Jeudi 9 février, 20H
1 Place du Chatelet Paris 1er
Tél : 01 40 28 28 40 ou sur le site web

Un succès mythique de Jamal : "Poinciana", extrait du live "At the Pershing : But not for me" (1958)