La 32e Fête de la musique sous un ciel maussade

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/06/2013 à 16H45, publié le 21/06/2013 à 17H10
Twin Twin en concert dans le cadre de la Fête de la musique

Twin Twin en concert dans le cadre de la Fête de la musique

© URMAN LIONEL/SIPA

Rencontre avec des auteurs-compositeurs à la Sacem, Juliette à Matignon, "chorale éphémère" à Nantes, pianos en libre-service au pied de la Tour Eiffel... C'est sous un ciel maussade que la Fête de la musique a égrené ses notes vendredi.

Reportage dans le 14ème arrondissement de Paris Michel Vial, Jean-Christophe Duclos, Didier Burel, Stéphane Korwin
Sur les quais de la Seine, à quelques pas de la Dame de fer, une dizaine de pianos customisés par des plasticiens avaient été installés par l'association "Play Me I'm yours". Pour des miniconcerts d'enfants, d'artistes et de pianistes amateurs.

Portes ouvertes à la Sacem
A Neuilly-sur-Seine, c'était la foule des grands jours à la Sacem. Pour la première fois de son histoire, la société qui gère les droits des auteurs et compositeurs de musique avait décidé d'ouvrir ses portes au public et les 400 places disponibles ont vite été réservées. A l'intérieur, Serge Perathoner (compositeur de la musique d'"Ushuaïa" et de "Navarro") ou encore Claude Lemesle (parolier de "L'été indien") accueillent les visiteurs par petits groupes pour parler de leur "maison" et de leur drôle de profession. "C'est un métier d'instinct, de rencontres et d'amitiés. Je voulais être chanteur, mais je me suis vite rendu compte que j'étais un piètre musicien. En 1975, quelqu'un m'a présenté Bashung et on a collaboré pendant 34 ans. Mon premier succès n'est arrivé qu'à 40 ans", raconte Jean Fauque, l'auteur d'"Osez Joséphine" et "La nuit je mens". Très vite, les question fusent, souvent techniques: "comment la Sacem sait-elle quelles oeuvres sont jouées?", "qui paye?", "comment rencontrer un éditeur ?"... "15% seulement de frais de gestion ? Moi qui pensais que la France ce n'était que de la bureaucratie inefficace, ça tord le cou à quelques idées reçues!", s'exclame Susan Murphy, une Américaine qui avoue être venue car elle "photographie souvent le bâtiment" situé face aux tours de La Défense.

Quart d'heure de gloire
A Paris, en régions, mais aussi dans une centaine de pays, des milliers d'autres manifestations et concerts ont eu lieu jusqu'au bout de la nuit, la plus courte de l'année, pour célébrer l'arrivée de l'été. A Marseille, capitale européenne de la culture 2013, le Vieux-Port offrait un concert de plus de trois heures retransmis en direct par France 2 avec notamment Adamo, Enrico Macias, Jenifer, Matt Pokora, Tal et Patrick Bruel.

Dans la capitale, Radio France a investi toute la journée la mythique salle de l'Olympia, pour 24 heures d'émissions et de musique live, avec 50 artistes dont son Orchestre philharmonique, Zazie, Christophe, Pedro Winter, Olivia Ruiz, Alex Beaupain, les Ecossais de Franz Ferdinand...

François Hollande à Matignon
Le président François Hollande et sa compagne Valérie Trierweiler ont fait une visite surprise à Matignon, pour écouter Juliette au côté du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, avant d'assister au concert de Camélia Jordana au ministère de la Culture

L'Orchestre de Paris était sous la Pyramide du Louvre, Jacques Higelin dans la Loire, Michel Fugain à Perpignan, Cali à Strasbourg...

Mais comme chaque année, la Fête de la Musique, c'est d'abord et avant tout des amateurs qui fourbissent leur instrument pour connaître leur quart d'heure de gloire lors de concerts spontanés devant un public de badauds. 

Trois concerts annulés à Bordeaux
En raison de la météo, à Bordeaux, trois concerts qui devaient être donnés à l'extérieur ont été annulés par les organisateurs en raison des intempéries, mais les neuf autres programmés dans des salles ont été maintenus.

A Nantes, des centaines de personnes ont participé à une "Chorale éphémère" avec les choristes professionnels de l'Opéra et quelque 200 enfants venant de diverses  chorales. Au programme, des airs d'opéra et d'opérettes mais aussi un  répertoire populaire de la chanson française, avec, parmi les "classiques" au répertoire: "Le temps des cerises", "Y a d'la joie" de Charles Trénet,  "Göttingen" de Barbara, et "Le petit bal" de Bourvil.

"Pas d'incident majeur", selon la police
102 personnes ont été interpellées dans la nuit à Paris et dans la petite couronne, contre 187 en 2012. Mais "aucun incident majeur", a assuré la préfecture de police, qui ne déplorait "aucun affrontement avec les forces de l'ordre, contrairement aux années précédentes".

92 personnes ont été placées en garde à vue, "principalement pour des vols, des violences et des jets de projectiles", précise la police.

Cette année, la 32e Fête de la musique coïncidait avec la fin des épreuves du baccalauréat, qui est l'occasion de grands rassemblements, notamment sur le Champ-de-Mars.

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