Du hip hop écossais aux polyphonies transgenres, les Trans Musicales continuent à défricher

Par @Culturebox
Publié le 04/12/2015 à 15H20
Simon Charpentier du groupe Her aux Trans Musicales de Rennes le 3 décembre 2015

Simon Charpentier du groupe Her aux Trans Musicales de Rennes le 3 décembre 2015

© Jean-François Monier / AFP

Du hip-hop le plus puissant à l'extravagance des polyphonies transgenres en passant par le funk et la soul, les Trans Musicales ont pris leur envol à Rennes, fidèles à leur mission attendue de défricheurs des musiques actuelles.

Jeudi marquait le coup d'envoi des grandes soirées des Trans, au Parc des expositions de Rennes. Les attentats du 13 novembre dernier à Paris et l'annonce de contrôles renforcés n'ayant pas dissuadé le public de se déplacer, plusieurs milliers de personnes ont couru d'un hall à un autre pour explorer les secrets de la programmation de cette 37ème édition.

Hip hop alternatif et soul sensuelle

Et les bonnes surprises n'ont pas tardé, à commencer par les Écossais du projet Hector Bizerk. Constitué à la base d'Audrey Tait à la batterie et de MC Louie à la voix, à l'accent écossais de Glascow à couper au couteau, Hector Bizerk n'a pas manqué d'imprimer une énergie communicative avec son hip hop alternatif.
Sans transition passage du relai au groupe Her avec sa soul sensuelle aux accents parfois très électriques. Pendant 45 minutes, le duo Simon Carpentier et Victor Solf, élégants dans leur costume noir sur chemise blanche, n'a pas caché son plaisir de présenter à quelques milliers de personnes les titres de leur premier EP, Her Tape 1, dédié à "la femme et à la féminité". "La scène, c'est l'occasion de montrer toute la soul qu'on revendique", résume Simon Carpentier, qui a vécu un an aux États-Unis et se dit très influencé par la musique noire américaine.

Divas barbues

Changement de décors et d'inspirations pour accueillir les inclassables 3SomeSisters et leur performance scénique haute en couleurs, tant musicale que visuelle. Où classer le groupe qui s'est fait remarquer en assurant les chœurs de Yael Naïm. Pop transgenre ? Mais leur musique  flirte aussi avec le jazz, le funk, les rythmes tribaux tout en prenant des accents à ressusciter l'esprit de Freddy Mercury. Et remarquable également, leur prestation, déjantée, tendance queer. Sur les trois divas, deux sont des garçons. Barbus, portant robe ou longue tunique, avec une perruque inspirée des pharaons, mais en bleu, maquillage marqué, boucles aux oreilles, ils exécutent avec leur alter ego féminin en cuissardes un véritable ballet, baroque, forcément.


Sceptique au début de ce véritable show, peut être un peu intimidé par ce show décalé, une grande partie du public rennais semblait au final conquis, filant vers d'autres expériences musicales dont les Trans ont le secret.