"Serendip" : voyage musical dans le monde souterrain de Josef Bilek

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/05/2016 à 13H53, publié le 08/05/2016 à 10H20
Pochette de l'album "Serendip" de Josef Bilek

Pochette de l'album "Serendip" de Josef Bilek

© Josef Bilek / Serendip

Josef Bilek, Mâconnais-Lyonnais a un CV bien rempli. Ce musicien sort son premier album intitulé "Serendip". Mélange de jazz, de rap et de hip-hop, rien ne semble trop compliqué pour cet hyperactif créatif. Après avoir endossé le rôle de directeur artistique, il revient livrer son premier bébé. Coup de projecteur sur un artiste en devenir qui aime nous faire voyager...

Serendip, c'est d'abord un nom qui interpelle. Issu du persan Sarandip et de l’arabe Sarandib, Cristoforo Armeno l'utilise pour son conte "Les Trois Princes de Serendip". Celui-ci raconte l’histoire de 3 seigneurs partis faire fortune sur la route de la soie, vers une île appelée Serendip. Tout au long de leur chemin, les trois hommes ne cessent de faire des découvertes merveilleuses et inattendues.

A propos de Josef Bilek

Josef Bilek est un styliste sonore et compositeur qui découvre très tôt le milieu musical dans les années 90. Il commence notamment par le piano et la guitare même si, rapidement, l’électro prend une place importante dans sa vie. Imaginatif, il enchaîne les petits jobs : son hyperactivité aide sa créativité. Des musiques de théâtre aux thèmes de cinéma, il est aussi musicien jazz au sein de son collectif "Josef Bilek Experience". Impossible de lui coller une étiquette, cet homme est aussi à l’aise face aux installations d’art contemporain qu’il doit habiller de ses sons, qu’avec la casquette de directeur artistique de "Dopebase".

Travailleur dans l'âme

Ce Maconnais-Lyonnais a rejoint bon nombre de collectifs ("Edfonz", "Ensemble Noao" mais aussi des groupes tels que "Future Funky Breaks", "Novox" ou encore "Children of Lir". C’est un perfectionniste, travailleur dans l’âme : "Traverser l’océan sur un radeau", voilà comment il résume la préparation de cet album. Grande a été la difficulté de terminer ce dernier, par peur de ne pas réussir à livrer au public ce qu’il veut transmettre de sa personnalité mosaïque. 10 ans après et quelques histoires, amours, départs, retours, rencontres et déceptions plus tard, il présente enfin cet opus. C’est un peu son bébé, parfois mis de côté pour vivre d’autres aventures musicales mais vers lequel il a toujours fini par revenir. Aujourd’hui, avec beaucoup de courage, il le lâche dans "La Jungle" du monde musical. 

 

"Serendip" regroupe 10 titres expérimentaux de l’artiste. Autant de titres différents que complémentaires : une identité électro-free jazz qu’il s’est créé. On a cette impression que chaque morceau est un nouveau jeu pour Josef Bilek, un artiste qui ne se cantonne pas dans une certaine catégorie de musique et qui semble se chercher tout en s’étant déjà trouvé.

Chacun de mes titres me ramène à une aventure, un contexte, une personne. Cet album est aussi le fruit de toutes ses rencontres (…) Certains me reconnaîtront à l’écoute de "Serendip", d’autres me découvriront...

Josef Bilek
 

Tout semble être une harmonie hasardeuse. Pour ce premier opus, Josef Bilek n'a pas hésité à enchaîner les collaborations : Erik Truffaz à la trompette, Éric Prost au saxophone, Nya, William Sabatier, Smadj Oud, Razamike, Xtatik, SupaJay, Philippe Vincenot, Bernardo Sommani, Sarah Espour, Lucas Garnier ou encore Nicolas Bouvier, l'artiste a su s'entourer ! 

"Serendip", c'est d'abord une rage aux sonorités jazz qui s'enflamment rapidement au fil de l'album sur des sons plus rap. Il a d'ailleurs choisi ce titre pour son album. A la première écoute, il ressemble en tout point au titre "Love Power" que l'on retrouve plus tard dans l'opus. La différence se trouve dans les paroles. Ses chansons racontent une histoire différente. "Love Power", c'est celle d'un "pacific warrior" (un guerrier pacifique). Une sorte d'autoportrait de Josef Bilek : un artiste à la violence musicale douce aux oreilles. 

Philippe Vincenot nous raconte "Le Cas Quichotte" sur une musique arrangée par Josef Bilek. Il ne s’agit pas d’une nouvelle adaptation du texte de Cervantès mais d’une écriture contemporaine de Philippe Vincenot. Le "Don Quichotte" de Cervantès est un point de départ, une influence. Du texte de son auteur original, il ne reste que des traces : la rêverie, le désir d’errance et de voyage, la relation fusionnelle de deux oiseaux inséparables, une réflexion sur le réel et l’identité. Un conte sensiblement lié à cette sensation que nous donne l'album de Josef Bilek, un aller sans retour au pays de l'inconscient. 

On en ressort avec le vertige. "Serendip", c'est un mélange de sons qui ne sont pas fait pour s'accorder en temps normal : le hip-hop, le jazz et le rap. Et la magie opère. C'est la mission que semble s'être donné Josef Bilek, puisque selon lui, "rien n'est impossible". En véritable scarabée, il se glisse dans son univers et nous invite à le suivre. Cet opus est son odyssée personnel. Le hasard fait bien les choses...