Festival Rock en Seine

du 25 au 27 août 2017

Qui est Flume, le prodige de l’électro en tête d’affiche de Rock en Seine ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/08/2017 à 09H41, publié le 21/08/2017 à 12H05
Flume sur la scène du festival Austin City Limits (ACL) en 2016, aux Etats-Unis.

Flume sur la scène du festival Austin City Limits (ACL) en 2016, aux Etats-Unis.

© SUZANNE CORDEIRO / AFP

L’Australien Flume, nouvelle idole de la scène électro, fait partie des têtes d’affiches du festival Rock en Seine, qui se tient du 25 au 28 août à Paris. Focus sur le parcours fulgurant du jeune DJ et producteur de 26 ans.

Une vocation née dans une boîte de céréales

C’est l’histoire improbable d’un jeune qui trouve un CD avec un logiciel de production de musique dans une boîte de céréales. Il s’y essaye, puis décide de s’entraîner à y jouer de plus en plus. Au point d’y passer des heures, et de préférer ça aux fameux devoirs après l’école. Adolescent, il lance un premier projet, sous le nom de HEDS, qui sont ses initiales : Harley Edward Streten.

À côté de ça, il tente de la musique un peu plus expérimentale et se fait remarquer par le label Future Classic, un label australien en vogue ces dernières années. En 2012, il termine un album tout seul sur son premier ordinateur, pendant un voyage à travers l’Europe en auberge de jeunesse. De retour dans son Australie natale, il découvre que son album est numéro un des charts, devant le groupe britannique One Direction, qui attire des hordes de milliers de fans ados dans le monde entier. Un exploit.

Des remix pour Disclosure et Lorde

Harley Edward Streten évolue maintenant sous le nom de Flume. Son nom, bien connu des connaisseurs d’électro, commence tout juste à se faire connaître du grand public. Difficile en revanche d’échapper à sa musique. Vous l'avez très probablement entendu grâce à son remix du titre “You & Me”, du groupe britannique Disclosure. Mais aussi avec le célèbre remix de Lorde, “Tennis Court”. Les deux remix ont cumulé des millions de lectures sur le Soundcloud de l'artiste peu après leur sortie, et fait depuis recette dans la pub.
Son premier album, publié en 2012, était la marque d’un univers. Un univers presque baroque, inventif, marque de son esprit disruptif, qui associait savamment les sons électro à des envolées de musiques du monde (comme dans "Zimbabwe") ou des voix hip hop ("Holdin’ On", "On Top"). Rebelote l’année dernière, avec “Skin”, un album au ton plus sombre et plus expérimental ("Helix", "Numb & Getting Colder"), avec quelques pointes de pop accessible ("Tiny Cities", "Take a Chance").

“Je voulais marier les deux genres (la pop et l’expérimental) et faire en sorte de créer de la musique expérimentale accessible. Et je veux créer des sons que les gens n’ont jamais entendu auparavant”, raconte-t-il à “GQ” en juin 2016. On retrouve à nouveau cette alternance entre pop ("Heater""TRUST") et textures plus difficiles ("Fantastic", "Hyperreal"), dans les EP "Skin Companion", publiés en deux volumes en 2016.

Bientôt de la musique de films ?

Le créateur ne prévoit pas de s’arrêter là. Une fois son identité bien définie, il veut aussi écrire de la musique pour d’autres artistes. “C’est vraiment intéressant pour moi de travailler de cette façon, car on nous donne de nombreuses limites, et j’ai l’impression que ce sont les limites qui finissent par inspirer ma créativité”, avoue-t-il dans une longue interview à la chaîne de télévision américaine “Fuse”. Une logique rare dans le milieu.

Et pourquoi pas, même, produire de la musique d’un film ? “Ce serait un nouveau challenge en termes de production. Il ne s’agit pas seulement d’écrire la meilleure chanson possible. Il s’agit d’essayer d’écrire en prenant en compte l’image, et c’est un univers mental totalement différent avec lequel écrire”, explique-t-il.

Avant de partir aussi loin, le jeune prodige de la musique électro se produit sur la Grande Scène de Rock en Seine pour la deuxième fois de sa carrière, vendredi 25 août en fin de soirée.