"Musiques en Scènes" : une Biennale décomplexée et ludique

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/02/2016 à 10H47, publié le 21/02/2016 à 10H46
Test pattern : de gigantesques codes barres projetés sur le sol et les murs sur lesquels les visiteurs du musée des Confluences pourront déambuler.

Test pattern : de gigantesques codes barres projetés sur le sol et les murs sur lesquels les visiteurs du musée des Confluences pourront déambuler.

© Ikeda

Envie d'un "massage sonore" dans une piscine à balles ? C'est une des expériences que propose la Biennale "Musiques en Scène" dont la 8e édition du 1er au 27 mars à Lyon a pour thème le "divertissement 2.0". La moins connue des Biennales lyonnaises est "un des plus importants festivals de création musicale à l'échelon international", affirment ses organisateurs.

Dans l'ombre des Biennales de la danse et de l'art contemporain, la dernière édition de Musiques en Scènes a attiré 40.000 spectateurs en 2014. "Je ne connais pas d'autre festival de ce genre en Europe qui réunisse autant de monde, sauf peut-être la Ruhrtriennale en Allemagne", souligne le directeur artistique Damien Pousset. Reste que "la musique contemporaine n'est pas un art des plus faciles à défendre" car trop élitiste, concède cet ancien éditeur de disques, membre de la direction du Grame, centre national de création musicale à Lyon.
Un avant-goût de l'esprit de la Biennale Musiques en Scène 2016
A l'heure du zapping, où "écouter une oeuvre dans son intégralité est presque devenu un acte militant", la Biennale se donne pour objectif de "décomplexer autant que possible le rapport à la musique savante" et de faire renouer le public avec cet "art du temps" en le faisant participer aux oeuvres souvent de façon ludique.

C'est le cas, par exemple, du projet "Smartfaust", des applications numériques développées au Grame qui permettent de transformer un téléphone portable en instrument de musique : en le manipulant, en le secouant, il génère des sons ou des bruits, liés à l'amplitude et à la rapidité du geste. Durant la Biennale, une "battle de smartphones" en langage "Faust" aura lieu à l'Auditorium de Lyon, de même qu'un "flashmob" pour "choeurs" de téléphones portables au musée des Confluences et des concerts participatifs  "Smartfaust" à l'Hôtel de Ville de Saint-Étienne et dans des trains.
Concert Smartfaust : des applications numériques développées au Grame permettent de transformer un téléphone portable en instrument de musique 

Concert Smartfaust : des applications numériques développées au Grame permettent de transformer un téléphone portable en instrument de musique 

© Pascal Chantier
L'Auditorium accueillera des "massages sonores" en piscines à balles, pratiqués par quatre musiciens à l'aide d'un trombone basse, de percussions mais aussi d'objets, de végétaux et de minéraux. Un concert chorégraphié du compositeur américain Steve Reich, "Music for 18 Musicians", invitera le public, par sa musique répétitive, à une séance de transe collective - avec répétition préalable dans le centre commercial de la Part-Dieu.
Le plasticien néerlandais Michel van der Aa

Le plasticien néerlandais Michel van der Aa

© Marco Borggreve
Placée sous le signe du divertissement à l'ère numérique, cette Biennale veut explorer les "multiples formes artistiques de fragmentations de l'attention" humaine, grâce à la fine fleur de la création contemporaine. Elle consacre une rétrospective au compositeur et plasticien néerlandais Michel van der Aa et fait la part belle au Japonais Ryoji Ikeda dont les installations mêlent art visuel et musique électro, à l'instar de son "Test Pattern ëN°9û": de gigantesques codes barres projetés sur le sol et les murs sur lesquels les visiteurs du musée des Confluences pourront déambuler.

Soutenue par l'État, la ville et la métropole de Lyon, ainsi que la région, la Biennale "Musiques en Scène" dispose d'un budget d'un million d'euros et oeuvre en partenariat avec plusieurs scènes de Lyon et sa région.