"Loud & Proud", le premier festival de culture "Queer" à Paris, Lyon et Nantes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/06/2015 à 15H10
Big Freedia vient spécialement de la Nouvelle Orléans pour le festival

Big Freedia vient spécialement de la Nouvelle Orléans pour le festival

© SIPANY/SIPA

Un atelier "Drag King" pour jouer avec les codes de la masculinité, un autre pour découvrir le quotidien d'un transsexuel, des cours de danse, des concerts : le premier festival de culture Queer, dédié à l'expression artistique des minorités sexuelles (homosexualité et transgenres), se tient à Paris, Nantes et Lyon jusqu'au 5 juillet.

"Le mot 'Queer' est d'abord une insulte. En anglais, ça veut dire tordu, bizarre... La culture Queer a été très bien théorisée à la fin des années 90 aux Etats-Unis par des penseurs et philosophes : elle désigne tout ce qui sort de la norme hétérosexuelle et patriarcale, une culture alternative", explique à l'AFP Benoît Rousseau, cocommissaire du festival "Loud & Proud" ("Fort et Fier").
"L'univers Queer s'est réapproprié cette insulte pour en faire un instrument de fierté et de pouvoir. Beaucoup d'artistes, comme Madonna ou Rihanna, ont mis au centre de leur création la culture Queer sous toutes ses formes : arts plastiques, musique et cinéma", ajoute Benoît Rousseau, également conseiller artistique de la Gaîté Lyrique à Paris, à l'initiative de ce festival inédit.

Depuis 2010, la "Queer Palm" récompense à Cannes un film pour son traitement des thématiques homosexuelles, bisexuelles ou transsexuelles. En association avec les centres culturels Le Lieu Unique à Nantes et Le Sucre à Lyon, ce premier festival souhaite "redonner la priorité aux corps et aux identités négligées" en programmant sur quatre jours des concerts et des performances d'artistes Queer.

'Queen diva' du rap

"Depuis quelques années, on assiste à une émergence d'artistes Queer avec des styles musicaux très différents (hip hop, rock et musiques électronique) et dont la sexualité fait partie intégrante de leur création artistique. Cette culture est peu mise en avant. Après le grand débat sur le mariage pour tous et la violence qui s'est exprimée contre les LGBT (Lesbiennes, Gays, Bis et Trans), on s'est dit que c'était le moment de faire un événement joyeux et festif pour montrer cette culture Queer de façon positive", observe Benoît Rousseau.
"On veut questionner, montrer une culture différente, pour faire bouger les lignes et les habitudes", estime-t-il. Parmi les artistes Queer programmés, Big Freedia, flamboyante "queen diva" du rap, aux paroles hypersexuelles, venue spécialement de la Nouvelle Orléans pour un show.

Des débats, des films, des rencontres

Hier, le 4 juillet, le documentaire "Tellement gay" de Maxime Donzel, évoquant l'homosexualité et la pop culture avant et après les émeutes entre policiers et clients homosexuels du bar Le Stonewall à New York en 1969, a été projeté à la Gaîté Lyrique.
Egalement au programme, une sélection de courts-métrages Queer expérimentaux. Richard Mèmeteau, professeur de philosophie et auteur de "Réflexions sur les industries du rêve et l'invention des identités", et Géraldine Sarratia, rédactrice en chef des InRocKuptibles, participent à un débat sur les trajectoires Queer dans la pop musique.

Pour la Gaîté Lyrique, "il est urgent d'entendre et de défendre les valeurs progressistes et émancipatrices portées par la culture Queer à l'heure où les principes d'égalité et de fraternité sont largement mis à mal".

Festival Queer
La Gaité Lyrique, jusqu'au 5 juillet 2015