Les Francofolies clôturent avec Insus, ex-Téléphone

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/07/2016 à 17H57, publié le 17/07/2016 à 16H32
Les Insus :  Jean-Louis Aubert, Richard Kolinka, Louis Bertignac

Les Insus :  Jean-Louis Aubert, Richard Kolinka, Louis Bertignac

© Alain ROBERT/SIPA

La 32e édition des Francofolies de La Rochelle se terminent dimanche soir avec les ex-Téléphone, rebaptisés Insus, au terme d'un festival marqué par un mélange des styles et des générations, une fréquentation exceptionnelle mais aussi des hommages aux victimes de l'attentat de Nice.

Bilan record

En cinq jours, toutes les soirées ont affiché "complet", cumulant 90.320 entrées payantes, avec un taux de remplissage record de 94%. Les "Francos" s'inscrivent ainsi dans la lignée d'un été où, de Solidays aux Eurockéennes, en passant par les Vieilles Charrues ou Garorock, tous les événements font  recette.
Avec les espaces gratuits, le festival rochelais fondé en 1985 par  Jean-Louis Foulquier a même attiré 145.000 festivaliers, ont annoncé les  organisateurs. "Un gros succès, malgré la tragédie qu'on a connue", a commenté le patron du festival Gérard Pont en évoquant l'attentat de Nice du 14 juillet.

"Il y a une forte présence du public (dans les festivals cet été). Je sens  plutôt une envie, un besoin du public de se retrouver autour de la musique, du  théâtre", avait relevé la ministre de la Culture Audrey Azoulay samedi soir  lors de son passage à La Rochelle, où elle a assisté au concert de Miossec.

En mémoire des victimes de Nice, une minute de silence a été observée  vendredi aux Francofolies avant les concerts de Jain et de Bernard Lavilliers,  puis une "minute de bruit" et d'applaudissements samedi. Plusieurs artistes ont  aussi eu une pensée pour les victimes, comme Louise Attaque qui a lancé, dès  son arrivée sur scène vendredi : "Ce soir on chante pour Nice, on fait du bruit  pour Nice..."

Dimanche soir, la parole est au rock dans toutes ses nuances avec les Insus, Aubert, Bertignac et Kolinka refaisant vivre les tubes de Téléphone, précédés par le blues-rock de Rover, la coldwave hypnotisante de Jeanne Added et la chanson-rock de Radio Elvis. Ce jeune groupe avait déjà eu l'honneur de  la grande scène l'an dernier pour quelques titres avant Johnny Hallyday.

Inoxydables Téléphone avec les Insus

Les Insus ont démarré en avril une tournée passant par tous les grands festivals et les grandes salles de France. Avec un beau succès partout où ils  sont déjà passés, avec ces inoxydables tubes que sont "Un autre monde", "Hygiaphone", "Ca, c'est vraiment toi", "New York avec toi", "Cendrillon"...

"On a joué avec eux il y a un mois, en Ardèche, j'étais super émue : ils  font partie de nos vies, qu'on les aime ou pas!", expliquait cette semaine à La  Rochelle Aurélie Saada, moitié du duo Brigitte qui a revisité jeudi soir le  répertoire de Balavoine en mode très "disco".
Les "Francos" ont confirmé cette année leur statut de terre de mélanges des  styles avec de belles soirées rap, électro et pop mais aussi quelques spectacles mêlant la chanson et le théâtre comme le très politique "Second tour" du collectif  Frère Animal (le chanteur Florent Marchet et l'écrivain Arnaud Cathrine) ou celui de la chanteuse et comédienne Caroline Loeb sur le  music-hall.

Ibrahim Maalouf, avec sa trompette et le génial bassiste Marc Miller en "guest star", prouve également cet été que le jazz a toute sa place dans un  grand festival de musiques actuelles. Le trompettiste franco-libanais fêtera en  fin d'année ses dix ans de tournée quasi ininterrompue par un concert à Bercy, à Paris, salle géante où il sera le premier jazzman à se produire depuis...  Miles Davis en 1984.

Autre satisfaction des organisateurs: le renouvellement des artistes à  l'affiche - la moitié de ceux qui se sont produits sur la grande scène  faisaient leurs premières "Francos" - et du public, avec notamment la présence  en force des familles avec enfants venues applaudir Louane ou Maître Gims.

Parmi les concerts plébiscités, à noter aussi ceux de la dynamique Jain, des Belges de Balthazar ou de Miossec mais aussi du côté des découvertes de ceux du musicien électro belge d'origine congolaise Témé Tan ou du chanteur Nord.