Laurent Bayle, 5 ans de plus à la Philharmonie de Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/03/2016 à 17H37, publié le 30/03/2016 à 15H14
Laurent Bayle le 13 janvier 2015 à la Philharmonie

Laurent Bayle le 13 janvier 2015 à la Philharmonie

© Jacques Demarthon / AFP

Laurent Bayle, 64 ans, directeur général de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, a été nommé pour un nouveau mandat de cinq ans en Conseil des ministres mercredi.

Un premier décret adopté jeudi dernier en Conseil des ministres avait modifié les dispositions sur la limite d'âge pour permettre à celui qui a porté la Philharmonie sur les fonts baptismaux de poursuivre son futur mandat au delà de la limite d'âge de 65 ans.

L'entourage de la maire de Paris Anne Hidalgo avait récemment laissé entendre que la Ville comme l'Etat étaient d'accord pour reconduire Laurent Bayle, qui est depuis 2001 directeur général de la Cité de la musique, devenue Philharmonie de Paris en 2015. La plus grande salle de concert de musique classique de Paris (2.400 places) construite par Jean Nouvel a ouvert en janvier 2015.

Avec 1,2 million de visiteurs pour sa première année, elle a réussi le pari de son implantation dans un quartier populaire du nord-est parisien, attirant un nouveau public vers la musique classique.

Philharmonie, une 3e saison de Beethoven au reggae

Sa troisième saison doit ouvrir à la réservation samedi (pour les abonnements) et tout au long du mois d'avril. Elle garde le modèle d'un programme très diversifié, de Beethoven au reggae de la Jamaïque. "On a un spectre large, tant sur le plan classique que pour les musiques actuelles, des choses plus internationales en semaine, plus familiales le week-end, c'est très important pour élargir son bassin de public", explique Laurent Bayle, cité par l'AFP.

Les premiers chiffres sont plus qu'encourageants : le nouveau bâtiment couplé avec la Cité de la musique porte de Pantin, a attiré 65% de visiteurs de plus que l'ancien duo Salle Pleyel/Cité de la musique pour sa première année (janvier 2015 à janvier 2016). Le public s'est diversifié en direction des arrondissements populaires et la banlieue (19% des visiteurs viennent de la Seine-Saint-Denis).

Les chefs internationaux ne tarissent pas d'éloge sur la qualité acoustique de la salle, de Simon Rattle à Esa Pekka Salonen. Reste à passer l'effet de curiosité. "On espère que la Philharmonie de Paris va s'imposer comme une référence culturelle, comme l'Opéra", explique Laurent Bayle.

En 2016/2017, deux week-ends sont dédiés à Beethoven, avec l'intégrale des concerts pour piano (14-20 octobre) mais aussi un chœur de... smartphones (20 novembre). Une exposition "Ludwig van" (14 octobre - 29 janvier) montrera son aura exceptionelle depuis sa mort en 1827, du portrait pop d'Andy Warhol à la reprise de la Neuvième symphonie dans "Orange mécanique".

L'autre grande exposition de l'année, "Jamaica, Jamaica" (4 avril-24 août), embrassera l'histoire musicale de l'île, au delà du reggae. Comme pour les saisons précédentes, les plus grands chefs sont invités : Daniel Barenboïm (deux séries de concerts "de Mozart à Bruckner"), Valery Gergiev, Simon Rattle, Mariss Jansons...

Une exposition dédiée à Barbara en 2017-2018

L'électro fera irruption dans la grande salle le 14 janvier avec Rone. Yann Tiersen est en "solo" le 10 octobre, et Vincent Delerm donne 4 concerts en avril. Les week-ends thématiques, qui attirent un public plus familial, se poursuivent de plus belle : le mythe de Faust, Orient Occident, Dolce Vita, Celtique, African Queens, Mille et une nuits ...

Pour la saison suivante (17/18), la Philharmonie accueillera une grande exposition Barbara. Et n'exclut pas de faire venir l'exposition sur les Rolling Stones qui débute le 5 avril à la Galerie Saatchi de Londres. "On va aller la voir", dit Laurent Bayle.