La famille de Pavarotti dénonce l'utilisation par Trump d'un air du ténor

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/07/2016 à 10H04, publié le 22/07/2016 à 15H51
Luciano Pavarotti reste l'un des plus grands ténors du XXe siècle

Luciano Pavarotti reste l'un des plus grands ténors du XXe siècle

© CARLOS CONTRERAS / NOTIMEX / AFP

La famille de Luciano Pavarotti a protesté jeudi contre l'utilisation par Donald Trump d'un air de Puccini interprété par le défunt ténor italien, dont les valeurs seraient "incompatibles" avec le candidat républicain à la Maison Blanche.

Décidément, Donald Trump a pris l'habitude de s'attirer l'ire des vedettes de la chanson internationale, tous genres confondus. Après les Rolling Stones, Aerosmith, R.E.M, la chanteuse britannique Adèle, Neil Young et  Queen il y a trois jours, c'est au tour de Pavarotti d'être récupéré à l'occasion d'un meeting du candidat républicain à l'élection présidentielle américaine. Une pratique qui, une fois de plus, n'a pas du tout plu à l'entourage du ténor mort en août 2007.
 
"Nous aimerions rappeler que les valeurs de fraternité et de solidarité que Luciano Pavarotti  a exprimées" tout au long de sa carrière artistique sont  totalement incompatibles avec la vision du monde manifestée par le candidat  Donald Trump," a expliqué la famille dans un communiqué. L'œuvre utilisée dans la playlist de campagne sans le consentement de l'entourage est "Nessun Dorma", un air de l'opéra "Turandot" de Giacomo Puccini devenu un "tube" de Pavarotti, qui culmine avec "Vincero" ("je gagnerai") et sert regulièrement lors des rassemblements électoraux du candidat populiste.

Un géant de l'opéra 

Né dans l'Italie fasciste des années 30, Luciano  Pavarotti, fils d'un boulanger mélomane et d'une ouvrière d'une fabrique de cigares, a connu un immense succès commercial. A 19 ans, il hésite entre mener une carrière d'enseignant et tenter sa chance dans l'opéra. Après sept ans de galère, il est repéré  à l'occasion d'un concert en Irlande (mai 1963) puis embauché pour servir de doublure au grand ténor Giuseppe Di Stefano lors d'un opéra - "La Bohème"-  donné au Covent Garden de Londres. La suite de l'histoire est digne d'un conte. Lors de cette prestation, le jeune inconnu triomphe et fait oublier Di stefano qui avait du se décommander à la dernière minute. C'est le début d'une immense carrière, jalonnée de succès (notamment au Metropolitan de New York en 1972 avec "La Fille du égiment" de Donizetti) et une capacité unique à rendre l'opéra très populaire, en organisant d'immenses show lors d'événements sportifs mondialements diffusés, notamment les coupes du monde de foot en Italie (1990), aux Etats-Unis (1994), en France (1998) et les Jeux Olympiques de Turin en 2006. A cette occasion, il chanta, entre autres, "Nessun Dorma", qui se retrouve aujourd'hui à servir de fond sonore aux meetings de Donald Trump. 

Du bel canto aux Beatles

Comme un refrain chanté en canon, ce sont les héritiers de George Harrison qui, à leur tour, ont demandé ce vendredi à Trump de ne pas utiliser à sa guise le répertoire des Beatles. Ils se sont particulièrement insurgés contre l'utilisation de "Here comes the sun", écrite par Harrison et parue en 1969 sur l'album "Abbey Road", par la convention républicaine jeudi soir à Cleveland (Ohio). "L'utilisation de cette chanson est insultante est contraire aux voeux des héritiers de George Harrisson" ont-ils écrits sur Twitter.

Mais les avertissements et les coups de geule en 140 caractères ne semblent pas perturber plus que ça les équipes de Donald Trump qui, semaines après semaines, continuent d'ignorer la notion de propriété intellectuelle ou de droits d'exploitation des oeuvres musicales - il existe pourtant bien une équivalence américaine à la Sacem, l'ASCAP (American Society of Composers, Authors and Publishers). On se demande qui sera le prochain artiste à figurer dans la sélection musicale des républicains sans avoir été consulté, lui ou son entourage. D'ailleurs, en reste-t-il encore un ?