Iran : la justice s'oppose au président sur l'autorisation de concerts

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/06/2015 à 11H24, publié le 29/06/2015 à 10H24
Le groupe iranien Seven en concert à Téhéran (16 février 2014)

Le groupe iranien Seven en concert à Téhéran (16 février 2014)

© Atta Kenare / AFP

Après l'annulation de plusieurs concerts par la justice, une polémique a éclaté en Iran, où le pouvoir judiciaire a critiqué à mots couverts le président modéré Hassan Rohani, opposé à ces mesures.

La musique, comme toutes les représentations artistiques publiques, est un sujet sensible dans la République islamique, surtout parmi les conservateurs religieux qui crient à "l'occidentalisation" du pays. D'autres pans de la société, surtout les jeunes, aspirent au contraire à plus de liberté.
 
L'obtention d'autorisations est strictement contrôlée par le ministère de la Culture, mais plusieurs manifestations culturelles ont récemment été annulées en dépit d'autorisations.

Le président Rohani opposé à l'annulation de concerts autorisés      

S'exprimant sur ce sujet le 13 juin, le président Hassan Rohani a estimé qu'un concert ne pouvait être annulé s'il avait été au préalable officiellement autorisé et que les citoyens avaient déjà acheté leurs billets.
 
"A partir du moment où une autorisation est délivrée (...), si la justice veut ensuite intervenir (pour l'annuler), elle devrait pouvoir le justifier d'un point de vue légal", a indiqué le président iranien.

Les règles islamiques opposées aux droits de l'Homme         

"J'ai été navré d'entendre de la part d'un religieux qu'interdire des concerts est une atteinte aux droits de l'Homme", a déclaré dimanche le chef du pouvoir judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, dans des propos semblant viser Hassan Rohani, qui est également un religieux. "Les droits de l'Homme ne devraient pas aller à l'encontre des règles islamiques", a-t-il ajouté.
 
Il a encore estimé que cette affaire avait été exagérée par les médias, affirmant que seuls neuf concerts sur 300 avaient été annulés depuis mars. "Certains responsables exécutifs disent que si nous avons accordé une autorisation, nous ne pouvons pas revenir dessus", a dit Sadegh Larijani. "Cela est faux", ajoute-t-il.
              
Hassan Rohani, élu président il y a deux ans, s'est récemment opposé à de hauts responsables religieux sur des questions de société. En 2013, il s'était opposé à une proposition de loi donnant plus de pouvoir à la police et aux milices chargés de veiller au respect du port du voile islamique. La loi avait été jugée plus tard anticonstitutionnelle.