Weather Festival 2015 : la Techno se met au vert

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 04/06/2015 à 12H41, publié le 02/06/2015 à 17H44
Ricardo Villalobos face à la foule du Weather Festival 2014 au Bourget.

Ricardo Villalobos face à la foule du Weather Festival 2014 au Bourget.

© Jacob Khrist

Après le bitume et les fusées de l'aéroport du Bourget l'an passé, le Weather Festival change d'air pour sa 3e édition et s'installe sur 100.000 m2 dans le cadre champêtre du bois de Vincennes. Le rendez-vous techno s'étend aussi dans le temps, avec deux nuits de décibels intensifs pour l'évènement principal, au lieu d'une seule l'an passé. Près de 50.000 personnes sont attendues ce week-end.

Rien n'arrête plus les activistes techno de Surprize, connus depuis 2011 pour leurs fêtes de jour et de nuit sur la péniche "Concrete" (Paris 12e). En juin 2014, leur Weather Festival avait décollé dès sa seconde édition en attirant, avec une affiche techno-house phénoménale, 35.000 personnes au Bourget puis sur l'île Seguin.

En février, pour faire patienter un public qu'ils disent exponentiel, les mêmes organisaient une version hiver de l'évènement, le Weather Winter, dont les 10.000 tickets s'étaient arrachés en un temps record. Alors que leur réputation a désormais franchi les frontières, les organisateurs voient toujours plus grand avec ce troisième round installé dans l'écrin de verdure du bois de Vincennes.
Retour sur le Weather Festival 2014 au Bourget


Les pointures de la techno au coude à coude avec la scène française émergente

L'ambition affichée de Adrien Bétra, Aurélien Dubois et Brice Coudert est toujours la même : rivaliser en qualité et en ampleur avec les plus respectés des festivals techno européens tels que Time Warp, Sonar ou Dekmantel.

Leur affiche pléthorique réunit cette année encore sur 4 scènes principales la crème des dj's internationaux, de Derrick May (en opening le jeudi soir avec l'orchestre Lamoureux) à Ricardo Villalobos, Nina Kraviz, Jeff Mills, Juan Atkins, Ben Klock, Blawan, Marcel Dettmann ou Matthew Herbert.

Afin de ses singulariser, le festival multiplie cette fois les collaborations inédites (Dj Deep et Roman Poncet), les live sur mesure (Vatican Shadow + Ron Morelli + Low Jack) ou rares (Blawan + Pariah sous pseudo Karenn, Mr G, Henrik Schwarz + Frank Wiedemann) et les "combos" (collaborations libres et uniques entre deux artistes aux platines).

Un programme en béton, truffé en supplément de Live de jeunes artistes français prometteurs, tels que Ben Vedren, S3A ou Unforeseen Alliance derrière laquelle se cachent quatre figures montantes de la techno d'ici (Zadig, Antigone, Birth of Frequency et Voiski). En défendant ces fleurons hexagonaux, l'objectif à terme du Weather est "de devenir la meilleure vitrine de la scène française techno et house qui fera se déplacer les étrangers", explique Brice Coudert, directeur artistique de l'évènement.


Le réveil des pouvoirs publics

Pour parfaire ses ambitions, il manquait jusqu'ici à l'équipe de Surprize le coup de pouce des pouvoirs public. Ce verrou vient de sauter puisque le trio s'est mis dans la poche cette année la Mairie de Paris. Celle-ci, séduite par leur savoir-faire et leur prestige, a décidé de les appuyer pour redorer le blason de la nuit parisienne qui menaçait il y a peu de mourir d'ennui, et pour pouvoir se targuer à l'étranger d'avoir un festival techno digne de ce nom, qui n'a rien à envier à ceux de Barcelone ou d'Amsterdam.

"Nous sommes bien vus aujourd'hui de la Mairie de Paris", reconnaît Brice Coudert. "Je pense qu'on a fait nos preuves sur nos capacités à faire les choses bien et dans les règles. Tant à la Concrete qu'au Weather, les responsables nous voient comme dépositaires du mouvement de la musique électronique et veulent nous encourager. C'est comme ça que notre demande pour investir le Bois de Vincennes a été acceptée – l'aéroport du Bourget n'étant disponible que tous les deux ans. La maire du 12e reconnaît elle-même qu'on apporte un peu de fun et de dynamique à son quartier."

Pour autant, Surprize aimerait maintenant obtenir davantage de subventions, à l'égal de Solidays. "C'est un vrai problème pour nous parce qu'on a du mal à rentrer dans nos frais et ça se ressent sur le prix des billets. Avec plus de subventions, on pourrait proposer autour du festival des évènements gratuits dans Paris, comme le font les Nuits Sonores."
La scène Automne en montage mardi 2 juin sur le site du Weather 2015.

La scène Automne en montage mardi 2 juin sur le site du Weather 2015.

© Culturebox


Un festival "peut être énorme et avoir une âme"

En attendant, les fans des premiers "afters" sur la Concrete et autres puristes de la night font la moue, accusant Concrete de perdre son âme avec ces gros raouts. "Je ne comprends pas trop", se défend Brice Coudert. "Ca peut être énorme et avoir une âme. Tout dépend de l'amour avec lequel le projet a été monté, des petits détails de la direction artistique et de l'honnêteté des organisateurs. On se bat pour faire exister nos projets, rester fidèles à nos valeurs et à la ligne musicale qu'on s'est fixés."

"Après, dit-il, je comprends qu'on puisse préférer le clubbing de proximité mais je crois qu'à Paris on a le droit d'avoir aussi, deux fois par an, un gros festival où on profite de la musique de cette manière là. Ca évite de faire le voyage à l'étranger comme je l'ai fait pendant des années et ça permet de faire écouter et découvrir cette musique à un nouveau public."

Quant à ceux qui s'affolent à l'idée de voir l'évènement grossir encore, il répond par la négative. "En taille de festival, je crois qu'on est arrivés au max de ce qu'on peut faire en terme de nombre d'artistes. Au-delà ça serait trop cher pour le public et trop lourd pour nous."
Le site du Weather 2015 au Bois de Vincennes vu du ciel


Espaces détente et parcours balisé 

Car contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'équipe est soucieuse du bien être des festivaliers. Les quelques critiques émises l'an passé – pas assez d'espaces pour se reposer, trop de queues aux stands de nourriture – ont été entendues. "On a prévu une dimension plus cosy que l'an dernier, avec des espaces détente et de restauration et pas mal d'installations pour que les festivaliers se sentent bien." En outre, tout le parcours du métro Château de Vincennes au site de la Plaine de Jeux du Polygone au cœur du bois de Vincennes sera balisé, sécurisé durant tout le festival avec des personnes pour surveiller et orienter les gens."

Quant à la météo, inutile de s'en faire. D'abord, le mercure est parti pour dépasser les 30° vendredi. "De toutes façons, il ne va pas pleuvoir", assure Brice Coudert dans un rire. "On ne s'appelle pas le festival Weather pour rien, on maîtrise ce genre de chose."  Et puis ce n'est pas un petit orage qui risque de gâcher cette fête en plein-air. Il faudrait d'abord briser "la magic touch" des légendes au programme. 

Weather Festival -  les 4-5-6 juin au Bois de Vincennes
Site de la Plaine de Jeux du Polygône
Jeudi opening de 20h à minuit
Vendredi de 18h à 8h du matin
Samedi de 16h à 8h du matin