Une surveillante licenciée pour être apparue dans le clip d'un rappeur

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 10/05/2012 à 15H01
Véronique Bonazzola montre sa lettre de licenciement

Véronique Bonazzola montre sa lettre de licenciement

© PHOTOPQR/NICE MATIN/Patrice LAPOIRIE/MAXPPP

L'assistante d'éducation d'un établissement catholique de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) a été licenciée après avoir joué le rôle d'une "cougar" dans un clip du rappeur niçois Novia, a-t-on appris jeudi auprès du collège et de son avocat, qui porte l'affaire aux Prud'hommes.

"Le collège a été informé du clip courant avril par des parents qui se sont plaints auprès de la direction, choqués par les propos et les images", a expliqué à l'AFP Claude Backès, directeur général de Notre-Dame de la Tramontane, confirmant une information du quotidien Nice-Matin. Jugeant cette vidéo, intitulée "Fontaine de Jouvence", "incompatible au regard de la nature du travail de cette personne et du règlement intérieur", la direction a décidé de renvoyer Véronique Bonazzola, 50 ans, surveillante dans cet établissement de 1.200 élèves.

Le clip du rappeur Novia

Pour son avocat Me Pierre Chami, joint par l'AFP, "elle ne comprend pas qu'après 20 ans de bons et loyaux services, on la jette comme une malpropre pour un clip de moins de cinq minutes". "Le directeur a vu un soutien-gorge dans un jacuzzi aspergé de champagne et il s'est arrêté là", déplore le conseil. Or, selon lui, sa cliente, qui exerce l'activité de comédienne à titre de loisir, a participé à ce clip "avec la volonté de faire une performance d'acteur et de parler du phénomène de société des femmes cougars en le tournant en dérision, sur le ton de l'humour". 

"Mutilée" par un cancer du sein

Atteinte par le passé d'un cancer du sein, dont elle est sortie "mutilée", elle avait à coeur de montrer qu'"à 50 ans, on n'est pas foutu", ajoute Me Chami. Si les parents se sont "offusqués", les élèves ont au contraire manifesté leur soutien à la surveillante en lui adressant des messages par centaines, assure-t-il, déplorant que "l'école refuse le débat". Une audience de conciliation se tiendra "dans quelques semaines" devant les Prud'hommes de Grasse, avant un renvoi probable devant cette juridiction.