Une 16e Techno Parade "mani-festive" contre les préjugés, samedi à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/09/2014 à 18H36, publié le 11/09/2014 à 09H46
La Techno Parade à Paris, ici en 2013 depuis le char du groupe événement " Reepublic ". 

La Techno Parade à Paris, ici en 2013 depuis le char du groupe événement " Reepublic ". 

© GHNASSIA ANTHONY/SIPA

De Nation à Bastille, en passant par République : pour sa 16e édition, la Techno Parade, plus grand festival de rue dédié aux musiques électroniques, va traverser ce samedi trois haut-lieux parisiens de protestation "pour défendre un courant musical encore trop souvent diabolisé".

"Liberté, diversité, rythmicité" sera le mot d'ordre du défilé des chars équipés de leurs "sound systems", à travers les rues de Paris, avec pour invités d'honneur les scènes électroniques vietnamienne, angolaise et bretonne. L'an dernier, l'événement avait réuni 300.000 "teufeurs", selon les organisateurs.

Accents de revendication culturelle

"Après les annulations inquiétantes de plusieurs événements techno récents, la défense des musiques électroniques est encore nécessaire en France. Seize ans après la première édition, la Techno Parade reste une 'mani-festive' pour lutter contre une diabolisation qui persiste parmi des élus", dit Tommy Vaudecrane, président de Technopol, l'association organisatrice qui oeuvre à l'année pour la professionnalisation et la promotion des cultures électroniques.

Technopol a récemment dénoncé l'annulation "sans raisons" par le maire FN de Luc-en-Provence (Var) de l'Amne'Zik Open Air Festival, qui devait se tenir du 8 au 10 août. Autre fête techno annulée, le Tidal Wave festival qui devait avoir lieu à  Néoules (Var), après un avis négatif de la préfecture rendu trois jours avant.

Organisée aux Docks de Paris, la fête officielle qui prolongera la Techno Parade a, elle, échappé de justesse à l'annulation par une décision de justice en référé en faveur des organisateurs, contre l'avis des gestionnaires des lieux.
   
"Allons enfants de la party !"
   
"Les musiques électroniques font encore l'objet d'incompréhensions et de blocages. Malgré un soutien politique national pour la défense de ce mouvement  musical, des événements répondant pourtant au cahier des charges se retrouvent sous la coupe au dernier moment d'un élu ou d'un préfet", regrette Tommy Vaudecrane. Pour mieux se faire entendre, Technopol revisitera la Marseillaise le temps de la marche avec une version de circonstance: "Allons enfants de la party !". Un happening de "protestation" est prévu avant le départ du cortège à 12H30, place de la Nation.
 
Dirtyphonics, parrain de l'édition 2014

À Paris, où la Techno Parade "se félicite des excellentes relations avec la Préfecture de Police", la fête sera malgré tout au programme avec, parmi 60 Djs, le groupe techno français Dirtyphonics, parrain de l'édition 2014 et fer de lance de la nouvelle génération électro, qui mixera sur le char de FG DJ Radio. Le Kuduro, mélange de musiques traditionnelles africaines et de techno, sera également à l'honneur. "La techno et l'électro, c'est bien d'autres choses que les Djs stars qui passent à la radio. La Techno Parade a toujours célébré la diversité", rappelle Tommy Vaudecrane.

Le char "Phénix Electriq", décoré par l'artiste Pat Cam, ouvrira le cortège avec, aux platines, trois DJ vietnamiens, stars de la "bass music". En marge du grand charivari annuel de la scène techno, Technopol organise du 18 au 29 septembre la "Paris Electronic Week", rendez-vous artistique et pédagogique. Le Centre Pompidou ouvrira le bal avec une création électro originale de Bernard Szajner. L'Institut du Monde Arabe accueillera le lendemain, le 19, l'événement "Arabic Sound System" qui mettra l'accent sur la scène électro Chaabi égyptienne.