Thylacine : un premier album à bord du Transsibérien, de Moscou à Vladivostok

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/11/2015 à 14H42, publié le 26/11/2015 à 12H18
"Transsiberian", l'album de Thylacine enregistré à bord du Transsibérien

"Transsiberian", l'album de Thylacine enregistré à bord du Transsibérien

© Capture d'écran films de DAVID CTIBORSKY

C'est à bord du célèbre Transsibérien que le compositeur électro français Thylacine a enregistré son premier album, disponible vendredi, peuplé de voix et d'ambiances captées le long des plus de 9.000 km de voie ferrée entre Moscou et Vladivostok.

Annonces en gare de Moscou, battement entêtant des roues sur les rails, sifflements du train et étranges polyphonies à Irkoutsk ou chant d'une "babouchka"... la Russie s'invite dans ce disque original, mêlant musique électro et voix, de William Rezé.

Cet artiste de 23 ans oeuvre sous le nom de Thylacine, pseudonyme inspiré par le nom scientifique d'un renard tigré de Tasmanie disparu il y a 80 ans. "J'ai souvent besoin de me nourrir de lieux, de gens, de rencontres. Je ne suis pas forcément productif quand je suis enfermé dans un studio", explique à l'AFP le jeune homme aux cheveux coupés courts, qui a écumé cette année les festivals, du Printemps de Bourges au Paléo en Suisse en passant par les Francofolies ou les Vieilles charrues.

Deux jours sous une yourte avec un chamane

Accompagné d'une équipe vidéo (réalisateur et producteur), d'un ingénieur du son et d'un interprète russe, l'Angevin a multiplié les haltes pour enregistrer des sons et des ambiances. Certaines des rencontres "avaient été préparées" avant le départ, d'autres se sont faites "à la volée" à la descente du train.

"La plus dépaysante, ça a été avec un chamane qui nous a accueilli pendant deux jours dans sa yourte", sourit le musicien. "Il nous a emmené voir une cérémonie organisée dans un village de pêcheurs, au bord du lac Baïkal. Une cérémonie à base de sacrifice de boucs pour qu'il y ait plus de poissons, c'était un moment très fort."

160 heures dans le train

Après chaque étape, il remonte dans le train. Enfermé dans sa cabine, casque sur les oreilles, il compose alors "nuit et jour" sur son ordinateur portable autour de cette matière première. Tout en regardant défiler les "forêts et plains désertiques" de Sibérie, à 60 km/h, la vitesse moyenne de ce train de légende maintes fois célébré par des écrivains, Blaise Cendrars en tête.

Le voyage a duré en tout deux semaines, dont 160 heures dans le train lui-même, en mai. Saxophoniste de formation, formé à l'école des orchestres classiques et du jazz, William Rezé a finalement opté pour l'électro en raison "de la liberté" qu'elle offre en permettant de "travailler n'importe où".

Ce projet rappelle d'ailleurs celui d'un autre musicien électro, Romain Delahaye (dit Molécule), qui a publié en début d'année un album enregistré à bord d'un bateau de pêche dans l'Atlantique nord.

Thylacine signe avec "Transsiberian" son premier album après plusieurs mini-albums qui l'ont imposé comme l'un des représentants de la nouvelle garde de l'électro française aux côtés de Rone (Erwan Castex) ou Fakear (Théo Le Vigoureux).

En parallèle du disque, un feuilleton documentaire de dix épisodes est diffusé depuis le 6 novembre sur IRL. Ce programme web coproduit par France Télévisions nous embarque avec Thylacine à bord du Transsibérien, raconte son voyage, ses rencontres et la création de l'album.