Teknival près de Tours : 30.000 participants, un décès

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/04/2017 à 15H32, publié le 30/04/2017 à 12H58
Teknival août 2016

Teknival août 2016

© PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

La présence au Teknival qui se tient depuis vendredi soir à Pernay, près de Tours, était estimée dimanche matin à 30.000 personnes et un participant est décédé pour des raisons indéterminées, a-t-on appris auprès de la préfecture d'Indre-et-Loire.

"Selon nos estimations, il y avait 30.000 personnes sur le site à 9H00 ce matin", a indiqué le directeur de cabinet du préfet, Loïc Grosse. "On déplore dans la nuit un décès, une personne qui était déjà morte quand elle a été amenée à un poste médical avancé. On ne connaît pas les causes de la mort" qui seront déterminées ultérieurement mais la victime ne portait pas trace de blessures externes, a-t-on indiqué de même source.

Pour l'association Freeform, qui se présente comme "une association de réduction des risques organisationnels liés à la pratique de la fête libre", la "responsabilité" des services de l'Etat est engagée dans le décès de la victime, "un jeune de 20 ans". "Nous nous adressons au ministère de l'Intérieur qui (...) refuse de nous parler, refuse d'entendre la voix des jeunes qui voudraient une place dans la société: vous portez la responsabilité de ce décès, bien plus que les organisateurs de ce teknival", affirme dans un communiqué l'association qui se dit "effondrée" par ce drame.

200 gendarmes et 80 pompiers sur place

"Deux personnes en urgence absolue ont été évacuées, dont une en arrêt cardio-respiratoire qui a pu être ranimée. Douze autre personnes en urgence relative ont également été transportées au CHU pour surveillance complémentaire", a précisé M. Grosse. Il a ajouté que 51 personnes avaient reçu des soins pendant la nuit aux différents postes médicaux. Enfin, durant la nuit, les plongeurs ont sorti de l'étang qui traverse le site en deux six personnes qui étaient tombées à l'eau.

Concernant les effectifs, 200 gendarmes sont sur place ainsi que 80 pompiers, 30 membres d'associations de prévention et de secours et une dizaine de membres du SAMU. La pluie et les orages prévus dans la journée devraient réduire les risques d'incendie consécutifs à la sécheresse qui sévit dans la région et à d'éventuelles imprudences des festivaliers.

Dans la nuit, l'installation des festivaliers sur une propriété privée avait entraîné des embouteillages pendant plusieurs heures sur les routes de campagne menant au site. Le Teknival, qui doit se prolonger jusqu'à lundi, est un rassemblement international de musique techno, considéré comme illégal car non déclaré aux services de l'Etat.

"Nous ne soutenons pas et nous ne soutiendrons jamais un parti politique, quelqu'il soit"

Le Teknival  fête cette année ses 24 ans et se déroule à chaque édition dans un lieu différent, tenu secret jusqu'aux dernières heures. Cette année, dans un communiqué publié sur Facebook, les organisateurs ont écrit "Nous organisons ce Teknival entre les deux tours des élections présidentielles afin d'attirer l'oeil du futur gouvernement élu. Rappelons-le, nous ne soutenons pas et nous ne soutiendrons jamais un parti politique, quelqu'il soit. Notre mouvement se voudra toujours festif, du côté de l'autonomie, du respect mutuel et de la liberté, mais aussi contre le fascisme, le sexisme et le racisme sous quelques formes que ce soit".

"Le dialogue avec le gouvernement est rompu depuis maintenant quelques années en raison des trop nombreuses promesses non tenues de leur part et de l'augmentation significative des saisies de matériels", les systèmes de sonorisation, déplorent les organisateurs, "le milieu Tekno Underground, plus communément appelé 'Mouvement de la Free Party'".

"Malgré tout ceci, nous continuons à défendre notre musique, notre mouvement et notre culture. Car, oui, nous sommes bel et bien une subculture musicale, existant en France depuis le début des années 90", rappellent aussi les organisateurs.

A la mi-mars, des rassemblements avaient été organisés dans sept villes de France à l'appel de 200 collectifs organisateurs de fêtes techno, pour protester contre la "répression" de leurs événements et les saisies de sonos.