Techno Parade 2014 : grosse affluence "contre le retour de la diabolisation"

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/09/2014 à 19H35, publié le 13/09/2014 à 18H22
Jack Lang (en costume bleu), tout sourire, à la 16e Techno Parade, le 13 septembre 2014 à Paris

Jack Lang (en costume bleu), tout sourire, à la 16e Techno Parade, le 13 septembre 2014 à Paris

© Citizenside / Saïd Anas / AFP

Sous un soleil radieux et un déluge de décibels, plus de 350.000 personnes ont participé à la 16e Techno Parade, samedi après-midi à Paris, entre la Nation et la Bastille. Le mot d'ordre du jour : la lutte "contre le retour de la diabolisation" d'une musique victime de préjugés, selon les organisateurs. Il s'agit de "l'une des meilleures fréquentations", ont-il indiqué.

La police n'a pas fourni de chiffre de participation, car la manifestation était festive et non sociale ou politique.

Escortés par des dizaines de milliers de jeunes, quelque dix chars et leurs "sound systems", vitrines des différentes technos, ont rejoint en fin d'après-midi la place de la Bastille, après un détour par la République.

"Un parcours idéal" traversant trois haut-lieux parisiens de protestation, selon les organisateurs, l'association Technopol pour la défense et la reconnaissance des musiques électroniques. Derrière une banderole "Allons enfants de la party", l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, à l'initiative de la première Techno Parade en 1998, et les responsables de Technopol ont entamé cette "mani-festive", plus grand festival de rue en France consacré à la techno. Cette année, le Vietnam était l'invité d'honneur.

Il faut "lutter contre les préjugés qui ressurgissent contre ce mouvement musical", a souligné Tommy Vaudecrane, président de Technopol.
Un DJ anime la Techno Parade face à la foule, le 13 septembre 2014

Un DJ anime la Techno Parade face à la foule, le 13 septembre 2014

© Thomas Samson / AFP
Plusieurs concerts techno annulés ces derniers mois
Ces derniers mois, plusieurs concerts techno ont été annulés en régions, au point d'inquiéter les responsables de Technopol évoquant un possible retour de la diabolisation observée dans les années 90 et qui avait été à l'origine de la Techno Parade pour mieux faire connaître les musiques électroniques.

"Il fallait en finir avec l'excommunication de la techno. Le pari paraissait gagné partout en France et voici que depuis quelques mois ressurgissent ici ou là des interdictions et des empêchements venant de diverses municipalités, de toutes tendances", a dit à l'AFP Jack Lang.

"On avait réussi avec les différents gouvernements à calmer les choses. Il faut se mobiliser à nouveau et la Techno Parade de cette année a cette vertu de permettre de parler et d'exprimer cette volonté collective de liberté", a ajouté l'ancien ministre et actuel président de l'Institut du monde arabe.
Deux jeunes femmes à la Techno Parade 2014

Deux jeunes femmes à la Techno Parade 2014

© Thomas Samson / AFP
"La techno est une musique pacifique. Peu de musiques créent un lien humain aussi aisé et direct", a encore fait valoir Jack Lang. Retenue par d'autres engagements, la ministre de la Culture Fleur Pellerin a souhaité sur son compte Twitter "une bonne Techno Parade à tous les amateurs de culture électronique".
 
Une "Marseillaise" revisitée
Pour donner le coup d'envoi de la marche, en début d'après midi, une version revisitée de la "Marseillaise" s'est élevée place de la Nation : "Allons enfants de la party/Le jour de foire est arrivé/Entre nous, c'est fun, c'est happy/Rien de grave contre quoi s'élever/Entendez-vous dans nos campagnes/Frémir ceux qui ne comprennent pas/Et décident juste avant la fiesta/De frustrer les Djs et leurs fans/Dansez concitoyens ! Formez vos bataillons/Dansons, dansons, qu'un son bien pur/S'élève de nos sillons!".

Escortés par des dizaines de milliers de jeunes, souvent les cheveux colorés ou portant des costumes de héros de jeux vidéo, les dix chars, vitrines des différentes technos, avec la scène électronique vietnamienne en invitée principale, ont traversé cinq arrondissements. "Un parcours idéal traversant trois haut-lieux parisiens de protestation (Nation, République, Bastille)", se sont félicités les organisateurs.

Le kuduro, mélange de musiques traditionnelles africaines et de techno, a été également à l'honneur avec le premier char africain, les organisateurs de la Techno Parade défendant "la diversité et pas seulement les Djs stars qui passent à la radio".