Techno: les collectifs de "free parties" appellent à manifester samedi en France

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/03/2017 à 18H54, publié le 15/03/2017 à 18H49
Manifestations de teufeurs à Quimper en décembre 2016.

Manifestations de teufeurs à Quimper en décembre 2016.

© Vincent Mouchel / Photo PQR Ouest France / MaxPPP

200 collectifs organisateurs de rassemblements techno lancent un appel à des "manifestives" pour protester contre les saisies de sonos et le "tout répressif". Ils se mobiliseront samedi en dansant dans les rues de sept villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Strasbourg, Nantes et Clermont-Ferrand) en faveur de "fêtes libres".

Avec pour mot d'ordre "Dansons ensemble pour la liberté d'expression", ces "manifestives" autorisées de 1 à 3 km en centre-villes, devraient réunir en tout quelque 30.000 participants à grands renforts de "sounds systems" dans l'esprit de la Techno Parade, selon les organisateurs.
 
Avec un départ à 13h place Denfert-Rochereau, la "manifestive" parisienne fera étape place d'Italie et se conclura en fin d'après-midi devant le ministère de la Jeunesse et des Sports, avenue de France.

Les collectifs déplorent l'incompréhension des pouvoirs publics

Dans un communiqué commun, les collectifs de "free parties" revendiquent 4.000 fêtes techno par an, organisées dans des champs ou des sites industriels en friche. 

“Nous organisons des free parties, ces fêtes à entrée libre ou l’on écoute principalement de la musique électronique sous toutes ses formes", écrivent-ils. "Nous sommes des amateurs, bénévoles, motivés et généreux. Nos fêtes sont ouvertes à tous, sans sélection, hors des logiques de profit. Elles symbolisent la liberté, la gratuité de la culture, l’esprit d’initiative, le partage, le bénévolat, l’écologie, la responsabilité, l’entraide et le vivre ensemble."
 
Pourtant, déplorent-ils, "cette nouvelle culture (...) se heurte à l'incompréhension des pouvoirs publics. Depuis plus de vingt-cinq ans, le tout répressif reste la seule réponse à notre égard. Malgré des échanges réguliers avec le gouvernement, les évolutions du cadre juridique restent de vaines promesses et les saisies abusives trop nombreuses." 
 
Ces derniers mois, des tensions se sont multipliées notamment en Bretagne entre organisateurs de "rave parties" et autorités préfectorales.

Que réclament-t-ils ?

Parmi les principales revendications des collectifs, "l'arrêt immédiat des saisies de matériel sono et des procédures abusives contre les organisateurs et les participants, et une prise en compte de la fête libre en tant que pratique culturelle amateur à part entière".
 
Le retrait de l'amendement Mariani de 2001 qui refuse aux free parties leur caractère culturel et les soumet à une déclaration préalable auprès de la préfecture, est également demandé. 
 
"Dans un esprit pacifiste et festif, ces 'manifestives' sont le signe de notre exaspération devant le déni de notre place légitime au sein de la culture en France ! La réglementation actuelle n'est pas adaptée et stresse tout le monde, organisateurs et pouvoirs publics", explique Samuel Raymond, coordinateur de Freeform, association de soutien des free parties, tout en étant mobilisé en faveur de la réduction des risques liés à la pratique de la fête libre.
 
A l'approche de la présidentielle, les collectifs techno ont décidé aussi d'adresser une lettre ouverte aux candidats (sauf à Marine Le Pen, ndlr) "pour qu'ils prennent en compte cette pratique culturelle à part entière".

Ce que réclament les collectifs dans leur lettre ouverte aux candidats

- L’arrêt immédiat et définitif des saisies de matériels et d’instruments de musique et la suppression de la loi d’exception qui les autorise depuis 2002.
- L’arrêt immédiat des procédures abusives et des violences policières contre les organisateurs et les participants.
- La possibilité d’avoir accès aux terrains publics inutilisés et exploitables pour nos fêtes.
- Un vrai changement dans la façon dont les mairies et les préfectures nous répondent quand nous les contactons.
- Une prise en compte de la fête libre en tant que pratique culturelle amateur à part entière.
- Un vrai soutien pour les actions de réduction des risques, car nous sommes responsables ! Nous ne voulons plus être les victimes collatérales de votre guerre à la drogue !

La page Facebook des "Manifestives"

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