Prince et le cauchemar de son changement de nom

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 20/10/2011 à 18H28
Prince au Sziget Festival de Budapest, le 9 août 2011.

Prince au Sziget Festival de Budapest, le 9 août 2011.

© Balazs Mohai/AP/SIPA

Si l'on en croit une épaisse biographie de Prince publiée aux Etats-Unis fin octobre, sa tentative de changement de nom de scène n'a pas servi sa carrière. Pire, elle a marqué "la pire période" de sa vie.

Souvenez-vous : au début des années 90, Prince décide, suite à un désaccord avec sa maison de disques Warner, de changer son nom pour un symbole fléché imprononçable. L'idée est de se dérober à cette major en publiant de la musique sur de petits labels. Une façon de faire pression pour une renégociation de son contrat.

Mais selon la biographie "Prince : Inside The Music and the Masks"de Ronin Ro (St Martin's Press), dont le site de Vanity Fair publie des extraits, sa stratégie s'avère contre-productive. Et devient vite un cauchemar.

"Certains journalistes prétendaient que Prince rejetait ainsi une marque célèbre. Mais Prince avait le sentiment que lorsque les lumières s'éteignaient dans la salle de concert et qu'il prenait le micro "peu importait son nom". " Pourtant, les plaisanteries se mettent vite à pleuvoir sur ce 'love symbol" si imprononçable qu'il frise le ridicule.

'Cette situation m'a rendu malade"
"Ca a été la pire période de ma vie", a-t-il confié plus tard à Salon.com, rapporte la biographie. "Cette situation m'a rendu malade physiquement". Mais il avait tracé sa route et ne pouvait en dévier, analyse Ronin Ro. A un autre journaliste venu le rencontrer dans son domaine de Paisley Park, il déclare: 'Ici c'est la solitude, le silence. J'aime être dans cet environnement controlé".

Hélas, rien ne se passe comme il le souhaite. Et avant qu'il n'ait le temps de dire ouf, la presse lui a déjà trouvé un nouveau surnom : The Artist Formely Known As Prince (L'Artiste Anciennement Connu Sous le Nom de Prince). Ce surnom à rallonge ironique se répand comme une trainée de poudre. Jusqu'à ce qu'ils frappe du talon et fasse marche-arrière.  "Je ne suis pas l'Artist Anciennement Connu Comme Quoi que ce soit. Utilisez mon nom".

Au final, beaucoup d'énergie dépensée pour pas grand chose. Mais Prince Roger Nelson n'a pas froid aux yeux. Il bravera encore frontalement d'autres poids lourds, comme MTV et Youtube, avant de finalement gagner sa liberté. A quel prix ? Celui (prohibitif) de ses billets de concerts ?

"Prince : Inside The Music and the Masks" de Ronin Ro (St Martin's Press)