Polémique: Bob Dylan, peintre très "inspiré" ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 29/09/2011 à 16H39
Bob Dylan performing at the London Feis Concert, Finsbury Park, London, Britain - 18 Jun 2011

Bob Dylan performing at the London Feis Concert, Finsbury Park, London, Britain - 18 Jun 2011

© Richard Young / Rex Fea/REX/SIPA

Le Zim, qui en dépit de son génie indiscutable n'a pas échappé dans le passé aux soupçons de plagiat, se heurte une nouvelle fois aux mauvaises langues en tant que peintre. L'ennui c'est que les mauvaises langues ont des preuves. Et qu'elles sont édifiantes.

Le débat a démarré à l'occasion de la nouvelle exposition de tableaux de Bob Dylan qui se tient depuis le 20 septembre et jusqu'au 28 octobre à New York. Bien entendu, l'emprunt et la copie sont aussi vieux que l'art. Le souci, ici, c'est le gros décalage entre le discours de l'artiste et de son galeriste d'une part, et la réalité de l'autre.

Ainsi, la galerie Gagosian présente cette expo baptisée "The Asia Series" comme "le journal visuel" de Bob Dylan durant ses voyages "au Japon, Chine, Vietnam et Corée" avec des "descriptions de première main de personnes, de scènes de rue, d'architecture et de paysages".

Problème : comme nous l'apprend le New York Times, beaucoup de ces fameuses scènes sont en réalité les copies conformes de photos plus ou moins célèbres, dont une de Henri Cartier Bresson prise en 1948 montrant deux hommes en train de discuter (voyez ici la photo, et là le tableau). Un autre tableau de trois hommes jouant est identique dans la composition à une photo connue de Dmitri Kessel (ici la photo, là le tableau). D'autres photographies de Life ou du National Geographic ont clairement servi de modèle.

Mr Gray, un auteur spécialiste chevronné de l'oeuvre dylanesque et de ses influences, écrit sur son blog : "La chose la plus frappante est que Dylan n'a pas seulement utilisé des photos pour inspirer ses tableaux : il a pris la composition du photographe et l'a entièrement recopiée. (...) Il ne s'agit pas d'une approche très imaginative de la peinture. Ce n'est peut-être pas du plagiat mais il s'agit certainement de copie".

Face à ces accusations, la galerie Gagosian a publié un communiqué dans lequel elle assure que "les compositions de certains tableaux de Dylan sont basées sur une variété de sources, incluant archives et images historiques" et "la fraîcheur provient des couleurs et des textures qu'il a pu observer dans les scènes quotidiennes au cours de ses voyages".
Le galeriste souligne aussi, en s'enferrant, les propos de Dylan recueillis pour le catalogue de l'expo, dans lequel il assure "Je peins surtout sur la vraie vie. Cela doit partir de là. Vraies personnes, vraies scènes de rue...".

Dans le passé, remarque le New York Times, Dylan a déjà été accusé de plagiat pour ses paroles qui semblaient puiser abondamment chez autrui, dans des poèmes de Henry Timrod (mort en 1867) pour son album "Modern Times" et de passages du roman "Confessions d'un Yakuza" de Junichi Saga pour l'album "Love and Theft".