Parov Stelar, le père de l'électro-swing, met une touche de jazz dans son dernier album "The Burning Spider"

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/04/2017 à 18H13, publié le 28/04/2017 à 19H17
Parov Stelar, en plein showcase au Faust, à Paris, le 26 avril 2017.

Parov Stelar, en plein showcase au Faust, à Paris, le 26 avril 2017.

© Medhi Weber

Quelques jours après la sortie de l’album "The Burning Spider", le DJ autrichien Parov Stelar a choisi Paris pour un concert exceptionnel mercredi soir au Faust, le club niché sous le pont Alexandre III, célèbre pour ses soirées électro branchées. Avant de monter sur scène, Marcus Füderer (son nom dans le civil) a accepté notre interview. Rencontre avec le pionnier de l'électro-swing.

Lumières tamisées, canapés en cuir, bruits de casseroles. Le DJ autrichien Parov Stelar nous attend dans un espace lounge feutré, coincé entre le bar et les cuisines du Faust, un club parisien établi dans un ancien entrepôt naval de la Garde Royale, sous le pont Alexandre III. L'artiste y joue le soir-même.
Le Faust, un club parisien niché sous le pont Alexandre III, recevait Parov Stelar mercredi pour un concert exceptionnel

Le Faust, un club parisien niché sous le pont Alexandre III, recevait Parov Stelar mercredi pour un concert exceptionnel

© Medhi Weber
Du haut de ses quarante-deux printemps et avec vingt ans de carrière derrière lui, Parov Stelar n’en est pas à sa première scène. Et pourtant, le stress est toujours là… "Je suis très nerveux pour ce soir. Un DJ set ce n’est pas comme une performance en festival. Le rapport avec le public est plus intimiste donc tu as plus de pression."

Pression d’autant plus grande que le DJ est là pour mettre au jour son bébé, l’album "The Burning Spider", sorti le 21 avril. Pour cet opus, Parov Stelar a tenu à se renouveler. Dès les premières secondes du titre qui ouvre l’album (et qui porte le même nom, « The Burning Spider »), la voix samplée du soulman afro-américain Lightnin’ Hopkins donne le ton. Résolument plus jazzy que les productions passées de l’artiste autrichien. "En réalité, cet album aurait pu voir le jour il y a un an. Ce que j’avais produit était bon, mais ça ne me plaisait pas. Ce n’était pas assez… nouveau. J’ai tout jeté et je suis reparti de zéro."
Pas assez novateur, comme une impression d’électro-swing déjà-vu, c’est la critique qui avait été faite à l’album précédent "The Demon Diaries" (2015). Le public a eu l’impression que le disque était rayé. Comme si de "Catgroove" (sur l’album "Coco", 2009) au single "Grandpa’s Groove" (2016), la boucle avait été bouclée.

L’artiste, de son propre aveu, a eu le sentiment de tourner en rond. "Je crois que l’électro-swing avait atteint ses limites pour moi. C’est pour ça que cet album est si différent des précédents."
Muddy Waters (pour le titre "Soul Fever Blues"), Stuff Smith (pour "Mama talking"), Mildred Bailey (pour "Cuba Libre"), Wingy Manone (pour "Black Coffee"), au fil des titres de “The Burning Spider”, Parov Stelar ressuscite les grands noms du blues et du jazz. "C’est ce que j’aime à propos du sampling (ou échantillonage, c’est-à-dire l’utilisation d’une note, d’une voix, d’un bruitage pour une création musicale, ndlr) : tu veux un musicien, un instrument, une voix, tu peux l’avoir en une seconde et faire comme s’il jouait pour toi", explique le DJ autrichien.  

L'électro-swing est née d'un vieux vinyle rayé

Le procédé musical de ce dernier album est resté à peu près le même : faire du neuf avec du vieux. Une recette qui a vu le jour par accident, comme raconte son géniteur. "A mes débuts, je produisais de la musique techno et de la minimale, mais j’étais aussi un collectionneur de vieux vinyles. Un jour, j’achète un disque de Billie Holiday. Comme il était rayé, il sautait sur une chanson, et la voix se répétait sans cesse, créant une boucle. J’ai trouvé ça génial. L’électro-swing est née comme ça."

Inspirant, ce nouveau genre a progressivement conquis la sphère musicale et fait des adeptes. Notamment du côté des artistes français, comme les groupes "Caravan Palace" et "Deluxe". "C’est un honneur de voir que ma musique, en laquelle personne ne croyait au début, a inspiré d’autres musiciens", souligne Parov Stelar, "surtout quand ce sont des artistes français!"

Amoureux de la musique électronique française

Parov Stelar ne s’en cache pas, il voue une profonde admiration pour la scène électro française. M83, Daft Punk, Justice sont les références qu'il cite spontanément. "Quand j’entends un titre et que je me dis ‘Wow, cette musique est géniale’, à chaque fois l’artiste est français. C’est incroyable ! Ça doit être quelque chose dans l’eau que vous buvez en France…" sourit-il.

Après 20 ans de carrière, Parov Stelar est aussi calme et réfléchi que sa musique est swing et énergique. "La suite ? Aucune idée. Dans la musique j’ai appris à ne rien attendre des lendemains. Je profite de l’instant. Et puis me demander si j’ai d’autres projets après "The burning spider", c’est comme dire à une femme qui vient d’accoucher 'vous voulez d’autres enfants ?'."  
Parov Stelar, en showcase au Faust à Paris le 26 avril 2017 

Parov Stelar, en showcase au Faust à Paris le 26 avril 2017 

© Medhi Weber
Pour les mois à venir, Parov Stelar va donc chouchouter son dernier-né au fil des festivals qui l’ont invité. Allemagne, Espagne, Portugal, Belgique, l’artiste autrichien va faire danser l’Europe tout l’été au son de "The Burning Spider". "C’est incomparable de jouer devant les foules. Tout d’un coup tu te connectes avec des milliers de gens. Ce sentiment a changé ma vie. Pour moi, c’est ce qui se rapproche le plus de l’amour pur." 

Pour l'album, rendez-vous sur les plateformes d'écoute ou de téléchargement légal : Deezer, iTunes. Le disque est aussi disponible à la vente en magasins. 

Parov Stelar est en tournée tout l'été : 
-Le 7 juillet pour le festival NOS Alive 2017 d'Algès, au Portugal. 
-Du 7 au 9 juillet pour le Cruilla Barcelona Summer Festival 2017 
-Le 13 juillet pour le Tollwood Sommerfestival de Munich 
-Le 18 août pour le festival Pukkelpop 2017 à Hasselt en Belgique 

D'autres dates sont aussi prévues en Allemagne, Finlande, Suisse, aux Pays-Bas et bien sûr dans le pays natal du DJ, en Autriche.