Lucas Abela, musicien de l'extrême au Palais de Tokyo

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 12/04/2012 à 17H37
Le "Vinyl Rally" de Lucas Abela.

Le "Vinyl Rally" de Lucas Abela.

© Lucas Abela

L'artiste et musicien radical australien Lucas Abela a imaginé "Vinyl Rally", installation visible jeudi et vendredi au Palais de Tokyo. Un OVNI à ne pas louper. Il s'agit à la fois d'un jeu vidéo grandeur nature, d'un circuit automobile délirant et d'un instrument de "musique" pour fans de vinyle. Dimanche, Lucas Abela est à Mains D'Oeuvres (Saint-Ouen) pour présenter une autre de ses créations siphonnées, "Mixtape".

Un circuit pour pilote-DJ
Le "Vinyl Rally" est "une installation hybride combinant art sonore, art vidéo et sculpture kinétique,  un terrain de jeu géant jouant avec le fétichisme du vinyle, la mystique de l'arcade et le machisme des sports motorisés". Et au final un instrument de musique époustouflant, même s'il fait plus dans le bruit pur que dans la dentelle. 

Concrètement, le conducteur-Dj pilote depuis sur son écran une voiture télécommandée circulant sur un circuit  constitué d'un tapis de disques vinyles. Le bolide miniature est équipé d'une caméra (pour suivre son évolution à l'écran) et surtout d'une brosse d'acier qui fait office de diamant. Au gré de son parcours, la brosse du véhicule râcle les microsillons, produisant du son (on n'ira pas jusqu'à appeller ça de la musique).

Au Palais de Tokyo, où ce circuit est visible jeudi et vendredi (entrée libre pour l'inauguration), l'installation du circuit et de ses 10.000 disques vinyles a mobilisé six bénévoles durant une semaine. Il faut le voir pour le croire.

Démonstration du "Vinyl Rally"

"Mixtape"
Dimanche, à Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen), Lucas Abela présente "Mixtape", une autre installation jouant avec les vieux supports de musique enregistrée que sont les cassettes audio. Des centaines de bandes magnétiques tirées de vieilles cassettes sont accrochées à des ballons d'hélium. Des têtes de lecture permettent aux participants d'écouter les bandes et de faire résonner un "mashup" aléatoire et improvisé de plusieurs morceaux.
"Mixtape", l'installation à base de cassettes audio de Lucas Abela.

"Mixtape", l'installation à base de cassettes audio de Lucas Abela.

© Lucas Abela
De la trompette au verre brisé
Cet artiste frappadingue est également en concert jeudi soir à la Cartonnerie de Reims et vendredi soir au Palais de Tokyo sous le nom de Justice Yeldham. L'occasion de voir la dernière lubie de Lucas Abela : jouer avec des plaques de verre cassé comme d'une trompette. Ce qui ne va pas sans dommages... parfois sanguinolents. Un journaliste du prestigieux journal de musique anglais Wire assure avoir vu en lui "le performer le plus excitant depuis trois ans - en fait depuis la première fois que j'ai vu Iggy Pop". Diantre !

Lucas Abela en tant que Justice Yeldham