Les Inrockuptibles soufflent leurs 25 bougies

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/11/2011 à 14H06
Les Inrocks en 1991. De g à d : Beauvallet, Arvieu, Fevret, Deverre, Kaganski, Dormeuil, Tellier, et assis Mulet.

Les Inrocks en 1991. De g à d : Beauvallet, Arvieu, Fevret, Deverre, Kaganski, Dormeuil, Tellier, et assis Mulet.

© Renaud Montfourny

Un imposant recueil d'articles de 500 pages et un coffret de 150 chansons fêtent ce mois-ci l'irrésistible ascension d'une petite bande d'idéalistes toujours aux avant-postes de la culture 25 ans après.

Ils étaient au mîtan des années 80, une bande de jeunes lycéens versaillais idéalistes, férus de rock et de pop anglaise. Qui n’avaient pas trouvé mieux que de monter un fanzine pour rencontrer leurs héros Léonard Cohen, New Order et les Smiths.

Marottes et allergies
Ils s’auto-proclamaient Inrockuptibles, comprenez incorruptibles et un peu incorrigibles. On ne leur ferait pas avaler les couleuvres de la variété déguisée en pop, les Sting, Red Hot Chili Peppers et autres U2. Ni quoi que ce soit avec du saxophone (une allergie persistante de Jean-Daniel Beauvallet). Et on parlerait si possible de tout sauf de technique musicale, bien trop triviale, mais plutôt des affres de la création et du malaise intime, ce genre de chose.

En 1992, le petit trimestriel passe au mensuel. Nichés dans un appartement parisien du quartier d'Alesia, Christian Fevret, Jean-Daniel Beauvallet, Serge Kaganski et quelques autres commencent à être pris au sérieux. Leur marque de fabrique ? Les entretiens fleuves, la rigueur de l’écriture, la mise en avant de découvertes (Dominique A, Oasis, Philippe Katerine) et la critique sans concession.

Le petit fanzine est devenu grand. Et il dérange. Un peu.
En 1995, installés dans de nouveaux locaux plus vastes rue de Rivoli, Les Inrocks, qui ont gagné un diminutif affectueux,  élargissent encore leur champ d’investigation et passent au rythme hebdomadaire. « Nous évoluons dans un paysage culturel dont le nouveau modèle est l’imbécile cultivé », déclare alors au Nouvel Obs l’éditorialiste Gilles Tordjman. Mot d'ordre : interdit de tomber dans la « beauferie ».

Nous sommes en 2011 et, sous l'impulsion du banquier Mathieu Pigasse, qui l’a racheté  en 2009, le journal "d'jeune" de gauche est devenu un respectable « news  générationnel » qui entend proposer « une vision du monde à partir de la culture et des contre-cultures ».  D’Alésia à Rivoli puis Bréguet-Sabin, Les Inrockuptibles avancent.  Ils ont 25 ans et toutes leurs dents. Où seront-ils dans un demi siècle ? Ratelier immaculé ou sourire gâté ? On leur souhaite l’option doré sur tranche et incrusté de diamants. Pourvu qu’ils gardent la dent dure !

Le livre et le coffret de 10 CD
A l’occasion de leur anniversaire, Les Inrockuptibles publient un imposant recueil de leurs meilleurs articles d’actualité culturelle (musique, cinéma, littérature) des 25 dernières années. Pour chacune, 5 entretiens (de Leonard Cohen à Wu Lyf) et une poignée de chroniques, critiques et billets d’humeur, ainsi qu’une playlist illustrée des disques de l’année. L’occasion d'observer l’évolution d’un style dans la constance. ("Les Inrockuptibles, 25 ans d'insoumission" Flammarion, 39,90 euros)

Compagnon de route du livre, un coffret de 10 CD (« L’Anthologie des Inrocks, 25 ans de musique»), offre la bande son d’un demi-siècle de passions musicales. Une sélection sans œillères de 150 titres, qui navigue de classiques en trésors cachés, de Alain Bashung au Wu Tang Clan, en passant par Boards of Canada, The Kills, Mazzy Star, Pavement ou Beta Band. Rien à jeter.