Le Teknival de Millau rassemble 12 à 40.000 "teufeurs"

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/08/2016 à 14H33, publié le 13/08/2016 à 15H37
Teknival à Millau, août 2016

Teknival à Millau, août 2016

© Aurélien Trompeau / PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

Le Teknival de Millau (Aveyron), festival de musique électronique ouvert depuis samedi jusqu'à lundi, se poursuivait dimanche sans incidents, excepté deux interpellations pour détention de stupéfiants, en présence de 12.000 "teufeurs", selon la préfecture, 40.000 selon les organisateurs.

Plainte de la mairie

Les "teufeurs" (de "teuf", fête en verlan) étaient environ 10.000 quand ils  se sont installés vendredi soir sur un causse du Larzac baptisé "Les 1789  arbres de la Liberté", dans la forêt communale de Millau. Cet endroit, où avaient été plantés 1789 arbres pour le bicentenaire de la Révolution en 1989, a été choisi pour "sa symbolique", a explique "Barouf", un des organisateurs. "Liberté, égalité, fraternité: nous incarnons ces valeurs", a-t-il ajouté.

Reportage : E. Arnould / V. Gaby /K. Glock :
Dans la nuit de samedi à dimanche, deux hommes ont été placés en garde à  vue pour possession de drogues, selon les gendarmes, qui sont une centaine sur  place. Les secours sont intervenus à une dizaine de reprises pour des malaises  majoritairement dus à la consommation de stupéfiants mais aucune  hospitalisation n'a été nécessaire, selon la préfecture.

"C'est un festival sauvage. C'est jouer à la roulette russe avec la vie des gens", a regretté auprès de l'AFP la secrétaire générale de la préfecture,  Dominique Consille, rappelant que, contrairement à une obligation légale, les  organisateurs n'avaient pas déclaré leur manifestation, prévue pour durer  jusqu'à lundi soir. Les teufeurs ont "pénétré sans autorisation et en force" sur le site  appartenant à la mairie de Millau, qui a porté plainte, a indiqué Mme Consille.

Tandis que des Teknival ont lieu chaque année en France au 1er mai, l'organisation de tels rassemblements avait été abandonnée pour le 15 août.  "Mais les Teknival du 15 août ont été repris pour en faire une manifestation revendicative car les lois n'avancent pas", a précisé Barouf.

"Cons et irresponsables"

Les organisateurs des "free parties" ("fêtes libres" en anglais) dénoncent cette obligation de déclaration préalable, imposée suite à un amendement,  proposé par le député LR Thierry Mariani, à la loi Jospin sur la sécurité  adoptée après les attentats du 11 septembre 2001.

Les "teufeurs" qualifient de "discriminatoire" la loi de 2002 sur les "free parties" et réclament l'arrêt des saisies de matériel sono, des procédures "abusives" contre les organisateurs et les participants, ainsi que la  possibilité d'accéder aux terrains publics inutilisés et exploitables pour les  fêtes. "Nos demandes d'autorisation sont systématiquement refusées donc on ne se  déclare pas", répond Barouf.

Les organisateurs sont particulièrement ulcérés contre le préfet de l'Aude, Jean-Marc Sabathé, qui, le 26 juillet, en annonçant son plan anti-rave, avait qualifié les "teufeurs" de "cons et d'irresponsables", selon des propos rapportés  par La Dépêche du Midi. "On nous insulte. Ce sont des réponses d'un autre temps. C'est une chasse  aux sorcières", estime Barouf.

L'organisateur assure le "bon déroulement" du Teknival grâce à la  "responsabilité de tous", citant en particulier la mise en place de "stands de  prévention sur la prise de risques stupéfiants, alcools et sons".

En novembre 2015, trois personnes étaient mortes lors d'une rave illégale dans l'Aude, qui n'était pas un Teknival. En 2016, le Teknival du 1er mai avait réuni plus de 30.000 personnes, selon  les organisateurs, à Salbris (Loir-et-Cher). Un jeune de 17 ans avait dû être  hospitalisé dans un état grave.