La magie Bon Iver confirmée au second album

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 19/09/2011 à 16H29
Bon Iver, alias Justin Vernon

Bon Iver, alias Justin Vernon

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Révélation folk de 2008, l'Américain Justin Vernon, alias Bon Iver, a sorti en juin un second album somptueux.

"For Emma Forever Ago", premier disque fragile et dépouillé conçu dans une cabane au milieu des solitudes enneigées du midwest, avait déjà fait forte impression il y a 3 ans.

Avec son second album, sobrement baptisé "Bon Iver", le chanteur et producteur délaisse l'ascèse pour une richesse pop tout en subtilité qui le hisse aux plus hauts sommets.

Entre ces deux disques, Bon Iver s'est nourri des différents projets musicaux auxquels il a collaboré. D'abord l'album soft rock Gayngs et celui de Volcano Choir, à mi-chemin entre folk et post-rock. Surtout, il y a eu son travail sur le dernier album du rappeur Kanye West, "My Beautiful Dark Twisted Fantasy", qui a notablement élargi le champ de sa notoriété.

Au-delà de ces confrontations avec d'autres façons de travailler, Justin Vernon avoue en avoir eu assez de la guitare acoustique et des morceaux "ultradépouillés" de son premier opus. Cette fois, "je voulais quelque chose de plus complet, de plus varié. C'était ma seule volonté", explique-t-il au magazine musical  Tsugi qui lui consacrait sa une de juin.

Un disque lumineux conçu comme un voyage intérieur
Le falsetto unique de Justin Vernon et sa guitare ne sont plus seuls sur "Bon Iver". Des cuivres, des synthés, un piano, des pédales steel, des cordes, un tambour et des dizaines de petits détails sonores au second plan (le train aux premières secondes de l'album par exemple), irriguent ce disque lumineux conçu comme un voyage intérieur.

Cet album "parle de ma relation à un endroit, et de son évolution dans le temps", explique-t-il à Tsugi. De fait,  les chansons portent des titres de lieux ("Perth", "Minnesota" ou "Calgary"). Mais de la même façon que Bon Iver est "un sentiment plus qu'un projet musical", les lieux sont souvent imaginaires, tel "Michicant", manifestement le nom d'un état d'esprit mêlé de souvenirs plutôt que celui d'un véritable Etat.

Il s'agit "des cycles que chacun de nous traverse dans sa vie" plus que des lieux, détaille-t-il. "Des cycles qui se répètent tout en avançant.(...) "Perth", le premier morceau, raconte l'éveil, avec ces percussions. La dernière partie du disque "Beth/Rest" est le bout du chemin".

Pour autant, ne jamais chercher à comprendre ce que chante Justin Vernon: son verbe est insaisissable. A dessein. Sa voix n'est qu'un instrument. L'idée est de communiquer un climat, de transmettre un sentiment, de façon impressionniste, sans la limitation des mots, dont la sonorité compte ici davantage que le sens.

Une façon de laisser libre l'interprétation et d'ouvrir par là même en grand la porte du disque à chacun. Mêlant avec une maestria rare complexité et accessibilité, cette rêverie intimiste sera en tête de toutes les playlists de fin d'année. Vous êtes prévenus.

Bon Iver "Bon Iver" (4AD/Beggars/Naive) est sorti le 20 juin

Bon Iver est en concert à Paris au festival Pitchfork le 28 septembre et au Trianon le 29 octobre.

"Calgary" de Bon Iver