La fin de Gorillaz : le pourquoi du comment selon Jamie Hewlett

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 16/04/2012 à 16H14
Le discret Jamie Hewlett, en 2006.

Le discret Jamie Hewlett, en 2006.

© Richard Young//REX/SIPA

Damon Albarn l'avait annoncé il y a huit jours dans la presse anglaise : Gorillaz, c'est terminé. Aujourd'hui, Jamie Hewlett, responsable de toute la partie graphique du groupe virtuel, explique plus en détails les raisons de la rupture.

Damon évoque des divergences avec son ancien complice
Coup de tonnerre le 7 avril. Dans un entretien-fleuve au journal The Guardian, Damon Albarn, chanteur, musicien et tête pensante de Gorillaz, explique que la parution d'un nouvel album du groupe est "peu probable" en raison de divergences avec Jamie Hewlett.

Son partenaire, génial auteur des quatre personnages de dessin animé du groupe, mais aussi du site et des clips, aurait notamment pris ombrage du fait que lors de la dernière grande tournée des Gorillaz en 2010, ses visuels n'étaient plus au centre de leurs concerts (ils occupaient pourtant une place importante dans ce show total).

"Gorillaz était vraiment un truc formidable, spontané", se souvient Damon dans cette interview. "Ca a commencé avec deux personnes (Damon et Jamie) assises sur un canapé, se disant "faisons un groupe. D'accord, je vais dessiner des personnages. Et moi un morceau, et nous les mettrons ensemble".

Mais toutes les bonnes choses ont semble-t-il une fin : Damon assure que le groupe est fini, sur la volonté de Jamie. "Tant que nous n'aurons pas dénoué le noeud entre nous, nous ne pourrons rien faire ensemble", dit-il. Pire, il apparaît que les deux ne se parlent plus. Le lien est bel et bien rompu, ce dont Damon semble honteux : "ça paraît bien juvénile, n'est-ce pas ?", s'excuse-t-il.

"Dirty Harry" des Gorillaz, signé Jamie Hewlett

Jamie Hewlett savoure sa liberté...
Une semaine plus tard, le 15 avril, c'est au tour de Jamie Hewlett de donner sa version des faits au journal The Independant. Cofondateur des Gorillaz dès 1998 et longtemps co-locataire de Damon, le graphiste vit aujourd'hui en France, à la Bastille, avec l'actrice Emma Decaunes, qu'il a épousée l'an passé.

Il semble soulagé d'avoir mis fin à l'aventure Gorillaz, un voyage de dix ans qui ne lui a laissé, dit-il, aucun répit. Jusqu'à l'épuisement. Mais à l'heure où il semble renaître à lui-même, apprend la peinture à l'huile, écrit une histoire et réfléchit à de nouveaux projets, il ne tire pas pour autant un trait définitif sur les Gorillaz.

Jamie pense que si les Gorillaz "ont fait leur temps, ça ne veut pas dire qu'ils sont partis pour toujours". Toutefois, s'il devait collaborer à nouveau avec Damon, prévient-il, se serait sur quelque chose de "complètement différent". Des projets, élaborés par la paire entre deux albums des Gorillaz, n'ont jamais vu le jour, révèle-t-il. Ils pourraient être ressortis des cartons le moment venu. Et notamment un long-métrage, refusé pour "sa noirceur" par trois studios d'Hollywood.

...mais il ne ferme pas la porte
Quant à ses rapports avec Damon Albarn, il trouve naturel cette séparation. "Nous avons vécu comme cul et chemise ces 13 dernières années : nous avons partagé un appartement, nos enfants ont grandi ensemble, nous avons été inséparables pendant très longtemps, et parfois il est bon de faire un break", dit-il. "Je veux juste faire mes trucs et Damon a plein de projets - il fait toujours dix choses à la fois - donc c'est normal de se séparer un peu et de tenter différentes choses."

Alors que le journal revient sur sa carrière et ses différents projets avec les Gorillaz, il apparait qu'il ne supporte pas de perdre le contrôle sur son travail et sur la présentation de ses idées. Sans doute un sentiment ressenti sur les derniers temps des Gorillaz, comprend-on entre les lignes. Quelques mois - années ? - à se ressourcer et il n'y paraîtra plus. Le croque-mort peut remiser son cercueil : les Gorillaz n'ont pas encore dit leur dernier mot.
Les Gorillaz pas encore six pieds sous terre...

Les Gorillaz pas encore six pieds sous terre...

© Gorillaz - Jamie Hewlett