St Germain, icône de la "French Touch", revient après dix ans de silence avec un nouvel album

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/05/2015 à 17H35, publié le 04/05/2015 à 13H36
Ludovic Navarre, en juillet 2001, au Paleo Festival, à Nyon en Suisse

Ludovic Navarre, en juillet 2001, au Paleo Festival, à Nyon en Suisse

© LAURENT GILLIERON / KEYSTONE / KEYSTONE/AFP

Le musicien électronique Ludovic Navarre, icône de la "French Touch" sous le pseudonyme de St Germain au début des années 2000 avec une musique électronique baignée de jazz et de blues, est de retour après dix ans de silence avec un nouveau titre, "Real Blues" en prélude à un nouvel album. C'est désormais vers la musique malienne que se tourne le compositeur électronique français âgé de 46 ans.

Troisième album pour cet automne


En avant-goût d'un nouvel album à paraître le 9 octobre, St Germain a dévoilé lundi un morceau baptisé "Real  Blues", où se mêlent rythmiques africaines, sonorités blues et la voix du bluesman texan Lightnin' Hopkins. 

Cet album, nommé "St Germain", ne sera que le troisième du discret musicien électro, vingt ans après "Boulevard" et quinze ans après "Tourist", deux disques à la frontière du jazz et de l'électro qui ont imposé Ludovic Navarre comme l'un des porte-drapeaux de la "French touch" aux côtés de Laurent Garnier, Daft Punk, Cassius ou Air. 

Pour son album "Tourist", sorti chez le label jazz Blue Note et écoulé à plus de 3 millions d'exemplaires dans le monde selon Warner, cette figure de la "deep house" avait, en 2001, été récompensé par les Victoires à la fois en classique et en musiques actuelles. 

Inspiré par la musique malienne


Au terme de deux ans de tournée, Ludovic Navarre ressent le besoin d'une "pause pour se vider la tête", calfeutré chez lui à Montmartre, et explorer d'autres univers que le jazz. "Pendant cette longue tournée, j'ai eu l'impression de devenir un robot, de ne plus créer", explique ce "solitaire" revendiqué, dont le pseudonyme provient de sa ville d'origine, Saint-Germain-en-Laye.
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Après avoir tâtonné et avoir un "peu galéré", il a trouvé la révélation avec la musique malienne, se plongeant dans les sonorités des koras, des balafons et des n'gonis (instruments à cordes).

"Les rythmes sont un peu particuliers (dans la musique malienne), les mélanger avec notre musique électronique sans que ça se résume à quelque chose de vulgaire, ce n'était pas évident. Il a fallu en écouter, en écouter encore, pour y arriver", se souvient Ludovic Navarre. Le "déclic" est venu d'une vidéo dénichée sur internet du musicien malien Vieux-Kanté, surnommé le Jimi Hendrix du n'goni, jouant sur un kamélé n'goni, une sorte de harpe africaine, lors d'un mariage (une vidéo du musicien ici).

Fidèle à sa méthode de travail, il a mélangé les sons électroniques de sa composition à des boucles mélodiques jouées par des musiciens. Il a également fait appel aux voix de deux grands noms de la musique malienne, Zoumana Téréta et Nahawa Doumbia.
"Boulevard" de Ludovic Navarre

Pour défendre son nouvel album, St Germain partira en tournée dans une dizaine de villes européennes à partir du 2 novembre. Deux dates sont pour l'instant prévues en France : le 12 novembre à Paris (Bataclan) et le 18 novembre à Lyon.