Hanni El Khatib rallume la mèche rockab'

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 12/10/2011 à 17H20
Hanni El Khatib

Hanni El Khatib

© Because Music

Il fait du rock comme on en faisait il y a 50 ans, pied au plancher. Pourtant, son rock primitif tape dans l'oreille en 2011 avec une fraîcheur et une modernité sans égale. Hanni El Khatib rappelle la sauvagerie de Jon Spencer et comble un peu le vide laissé par les White Stripes. Son premier album, "Will the Guns Come Out?" (Les armes sortiront-elles ?) n'a pas de belliqueux que son titre: sa guitare est furibarde et ses chansons castagnent sévère. Jubilatoire.

Il faut le voir brailler sur scène "Fuck it. You win" comme si sa vie en dépendait, comme si cette darling forcément sublime et âpre au combat était plantée face à lui, clope au bec et bigoudis dans les cheveux, pour comprendre la puissance d'évocation de Hanni El Khatib.

Avec lui, on s'y croirait. Lancé à fond la caisse sur les routes américaines avec un tatoué sexy au volant (comme sur la photo de lui ci-dessus), en mode téléportation dans les fities (comme dans le très beau clip "Dead Wrong") ou en virée skateboard (sa culture) avec une bande d'ados angelenos sortis tout droit d'un film de Larry Clark.

Hanni El Khatib "Dead Wrong"

Des brûlots fiévreux de moins de trois minutes
Animales, fiévreuses, tordues, les décharges électriques de "Will the guns come out" dépassent rarement trois minutes. Le son est craspec à souhait et les chansons ont la spontaneité des premiers jets improvisés sur un coin de table. Bref, des chansons faites de la braise dont brûlent les héros.

De fait, son rock et sa voix convoquent aussi bien les Cramps que le Gun Club, Jon Spencer que les Kills. Mais il puise surtout dans le rockab et le garage punk sixties, ainsi que dans le blues, pour construire sa définition personnelle et rafraîchissante de l'Americana.

Hanni El Khatib "Loved One"

Un lifing audacieux de "Hearbreak Hotel"
Né de père palestinien et de mère Philippine, basé à Los Angeles, Hanni est le premier américain de la lignée. Est-ce pour cela qu'il voyage léger ? Son groupe n'est constitué que de sa voix légèrement cabossée, de sa guitare et de son batteur, son ami Nicky Fleming-Yaryan.

Ce minimalisme leur donne une liberté folle, comme le prouve leur reprise audacieuse du "Heartbreak Hotel" immortalisé par Presley, ici méconnaissable. Et une flamboyance qui rappelle décidément trois autres duos fameux, les White Stripes, les Black Keys et les Kills. On ne le dira jamais assez :  le rock c'est mieux à deux.

Hanni el Khatib est en concert le 3 novembre à La Cigale (Paris)

Album "Will The Guns Come out ?" (Because Music)