Diam's s'explique avant la parution de son livre

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 21/09/2012 à 10H25
Diam's à Nancy (novembre 2009)

Diam's à Nancy (novembre 2009)

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/Alexandre MARCHI/MAXPPP

Diam’s, qui publie un livre « pour rétablir des vérités », s’explique dans une longue interview au Parisien Magazine sur sa conversion à l’islam et sur le silence qu’elle a observé depuis trois ans, après une méchante dépression

"Diam 's " (éd Don Quichotte) sera en librairie le 27 septembre. « Je réfléchis à ce récit depuis trois ans. Et il m’a fallu deux ans pour l’écrire. Ce que j’écris sur ma dépression n’aurait pas été possible autrement », explique la rappeuse.

Avec la musique, « bien sûr, j’ai pris beaucoup de plaisir. Mais les à-côtés du succès sont très durs (…) On ne vend pas des millions de disques sans prendre des coups (…). Les seuls moments où je me sentais bien c’était sur la scène, quand je rappais », raconte Diam’s au Parisien.

Le rêve m'a épuisée
« Les rappeurs et les stars vous font croire que le bonheur revient à posséder une Lamborghini, un sac Hermès. On nous vend du prêt-à-penser : être belle, riche, avoir les cheveux lisses. J’ai cru que c’était ça le bonheur, moi aussi (…) Le rêve je l’ai eu. Il m’a épuisée », dit-elle encore.

Enfants du désert de Diams (S.O.S., 2009)

Après sa dépression, Diam’s raconte comment elle a « découvert le Coran », en 2008 à l’île Maurice. « J’ai découvert sa spiritualité et trouvé enfin le sens de ma vie. »

Quand elle s’est couvert les cheveux, « les réactions ont été extrêmement violentes ». Pourtant, « ce n’est pas aussi facile », explique-t-elle. « La décision relève d’un cheminement intérieur. »

Je n'ai pas changé
« Je n’ai pas changé. Mon cœur est le même », conclut-elle sur le sujet.

Quand au rap, elle « n’y pense pas pour le moment ».

Diam’s ne s’était plus exprimée dans les médias depuis la publication d’articles sur sa conversion à l’islam. Fin 2009, elle avait refusé d’accorder des interviews pour la promotion de son dernier album "S.O.S", où elle racontait sa descente aux enfers après le succès de son disque précédent, "Dans ma bulle".

Diam’s avait rompu le silence vendredi dernier dans une lettre postée sur son compte Facebook.

Un livre pour "rétablir des vérités"
« Un jour je me suis tue et je suis partie sans dire au revoir. Ce n'était pas du dédain croyez-moi, ce n'était pas non plus de l'arrogance ni de l'ingratitude, mais j'avais tellement de choses à dire qu'il m'aurait fallu bien plus de cinq minutes sur scène ou d'une simple vidéo postée sur internet »,  confie-t-elle dans cette longue lettre manuscrite.

Son livre, achevé en juillet, est « l’ultime moyen de rétablir des vérités », poursuit-elle. « On a dit de moi que, perdue, je me suis réfugiée dans la religion. Dans cette parole, j'ai ressenti comme du mépris face à celui qui sombre puis trouve sa voie », écrit-elle.

« On a dit de moi que j'ai renié celle que j'étais. L'âme humaine est plus complexe et plus profonde que cela. Je dirais plutôt que je me suis cherchée, que je me suis découverte, que j'ai appris à m'aimer et qu'aujourd'hui je suis en paix », assure la rappeuse d'origine chypriote, Mélanie Georgiades de son vrai nom.