Découverte : défiez l'hiver avec Melting Snow Quartet

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/10/2012 à 15H03
Les quatre compères du Melting Snow Quartet

Les quatre compères du Melting Snow Quartet

© Vibration Clandestine

En 2009, Yvain, Ulysse, Manu et Florian décident d'emménager ensemble, après plusieurs projets musicaux. Evidemment c'est productif, et la sauce prend très vite. À peine un an après, The Melting Snow Quartet remporte deux tremplins et est soutenu par la SMAC Les Abbatoirs. Ce qui permet aux quatre jeunes musiciens d'enchaîner de jolis concerts dans la région Rhône-Alpes, et de sortir en septembre leur premier album, "Another Trick". Ecoute de cette galette qui, si elle ne révolutionne pas le monde de la musique ni même celui du rock, a plus d'un tour dans son sac.

Alors évidemment, ça sonne anglais. Inévitable. Le gentil chanteur, les guitares un poil crunchy mais pas trop, le son de basse qui fleure bon le vintage... Mais en plus de leurs influences outre-manchiennes et popisantes, The Melting Snow Quartet ont un je-ne-sais-quoi de très français, quelque chose d'un peu indescriptible, mais qui fait pourtant la différence chez des artistes comme Noir Désir, Blankass ou même plus loin Gojira (qu'ils citent comme influences !). Un sens aigu de la mélodie, une sensibilité aux contrastes d'ambiances et un lyrisme quelquefois maladroit ou même rébarbatif, mais toujours assumé font la force de ce quartet météomusical.

La pochette d'"Another Trick"

La pochette d'"Another Trick"

© DR

Ce qu'on peut dire en premier lieu, c'est que pour une première livraison, ce 11 titres est cohérent. L'ordre des morceaux, judicieux, évite l'éventuel ennui que pourraient provoquer deux ballades un peu douces à la suite, sans non plus tout livrer dès le début. Ca envoie, mais ça sait se contenir.

La production est correcte, traditionnelle, même si la stéréo mise en place par les deux guitares reste un peu caricaturale. Les harmonies pop se permettent quelques écarts hispanisants du meilleur goût. On pense à Muse (époque Muse, pas Lady Gaga), surtout quand le chanteur s'envole vers d'impressionants firmaments vocaux, dont "You Can Picture" et "A Reflection Maybe" sont des exemples frappants.

Mais pour souligner l'homogénéité linéaire de cet album (qui peut parfois être un point négatif selon les sensibilités, oui, on s'ennuie quand c'est tout le temps pareil, avis aux fratries Gallagher et Young, et aux pierres qui n'en finissent plus de rouler...) intéressons nous plus particulièrement à ces quatre jeunes gens qui font fondre la neige.

Le jeu de batterie d'Ulysse, minimaliste et très nuancé, fait parfaitement le lien entre la basse puissante et les mélodies aérées de ses compères guitaristes, qui évitent au passage le coup de la guitare-pas-assez-saturée-qui-fait-crin-crin-sur-les-refrains, typique de certains groupes pop anglais.
On sent chez ce batteur l'influence simpliste du Cyrano de Liverpool, Ringo Starr, ainsi qu'un groove presque jungle à la Mitch Mitchell (Jimi Hendrix Experience), mais en plus strict. Les intermèdes un peu brutaux qu'il se permet sur "Last Chance Lost" ou "Translucent-Dye" sont quant à eux d'une teneur presque métal, à la Queens of the Stone Age, et on a plaisir à entendre la cymbale crash se faire un peu maltraiter.

Les parties de piano et clavier, assurées par un membre différent du groupe selon les morceaux, sont ici le détail qui fait tendre l'oreille. Les sonorités légèrement Doors ("Constance is Pale") ou totalement Portishead ("Insatiable Sparkle") grossissent le son, on a l'impression qu'alors tout est plus grand, plus fourni, plus juste. Les claviers donnent de la personnalité, et un propos plus concret aux mélodies du Quartet. 

Live

Live

© DR

Quant aux guitares et à la basse, sur la plupart des morceaux rien de renversant si ce n'est le joli jeu de questions réponses qu'adoptent parfois Florian et Yvain, et les quelques passages vraiment barbus, où la distortion prend un (trop) court instant ses aises.
Le tout est malheureusement très vite relégué au rang de déjà-vu : le son, les rythmes et arrangements sont ceux de la plupart des groupes en "The" des années 2000 (The Strokes, The Vines, The Libertines, The Killers, the Yeah Yeah Yeahs...), et ça c'est ennuyeux...

Mais rien de très grave, l'originalité n'étant pas un argument de qualité. Saluons tout de même quelques belles phrases à la David Gilmour, qui font sortir du lot les morceaux plus planants, propres à la rêverie.
Climax de l'album, "Malaise" se démarque inévitablement. Ballade intense et toute en surprises, ce titre devient ensuite une samba-rock intrépide pour finir en un requiem cacophonique et destructeur, digne d'un live de Nirvana. Une structure torturée, comme aurait pu le faire System of a Down ou même les fous furieux de Hella. Jouissif.

Pour conclure, un album qu'on aimerait voir en live, puisque les quatre compères ne semblent pas manquer d'énergie. Un groupe à suivre, qui s'il se détache un peu de ses multiples influences, saura sans aucun doute se créer son propre son, plus dur peut-être, mais plus personnel. La neige commence doucement à fondre...

The Melting Snow Quartet
"Another Trick"
11 titres - 13€

Prochains concerts :
19 octobre 2012
Ecuyers - Caen 

20 octobre 2012
Le Bureau - Blois 

25 octobre 2012
La Soute - Chambéry

26 octobre 2012
Le Transbordeur - Lyon 

11 novembre 2012
Concert acoustique
Ninkasi - Tarare 

15 décembre 2012
Joyeux Noël Thérèse!
Le Fil - St Etienne