Bono se produit au Mali malgré les risques

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/01/2012 à 11H56
Bono de U2

Bono de U2

© CHIP SOMODEVILLA/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Le chanteur de U2 était l'invité-vedette ce week-end du "Festival au Désert". Cette manifestation qui se tient depuis dix ans à Tombouctou, dans le nord du Mali, avait lieu cette année dans un contexte tendu. Alors que des touristes ont été enlevés et un tué en novembre par Aqmi (branche d'Al Qaida au Maghreb) dans cette région, le geste de Bono revêtait une importance particulière.

A quelques heures de l'ouverture du festival, qui attire d'habitude des milliers de touristes, Aqmi avait menacé de tuer les otages en mettant en garde leurs pays d'origine : France, Royaume-Uni, Pays-Bas et Suède. En dépit des risques, le directeur du festival Manny Ansar avait tenu à maintenir la manifestation.

Vendredi, seuls quelques dizaines d'étrangers avaient bravé les mises en garde des autorités. Beaucoup, qu'ils viennent de France, des Etats-Unis, du Maroc ou de Londres, affirmaient être venus autant par plaisir que pour apporter leur soutien. Ne "pas venir" à Tombouctou "c'est isoler davantage la zone", expliquait ainsi Kateely, une Américaine qui avait fait le déplacement.

Bono sur scène avec Tinariwen
Dans la nuit de vendredi à samedi, alors que le festival bat son plein, les projecteurs s'affolent et une clameur s'élève. C'est Bono. Tout de noir vêtu, l'Irlandais lève la main vers les spectateurs et hurle "Nous sommes tous ici des frères !", déclenchant l'hystérie de jeunes filles qui tentent de monter sur scène.

Le public, debout, applaudit à tout rompre le rocker, qui est rejoint sur scène par le groupe malien Tinariwen, composé de Touaregs, que certains surnomment "la voix des déserts". Sa prestation terminée, Bono s'éclipse sur d'enthousiastes "merci! merci"! de la foule.

"Il est arrivé (à Tombouctou) malgré tout ce qu'on dit sur la sécurité ici. Nous n'oublierons jamais ce qu'il a fait", lance le musicien malien Bassékou Kouyaté.