Bob Marley : le documentaire présenté à la Berlinale

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 13/02/2012 à 15H39
Bob Marley en 1975

Bob Marley en 1975

© Ian Dickson / Rex Featu/REX/SIPA

Le réalisateur écossais Kevin MacDonald ("Le Dernier Roi d'Ecosse", "Un jour en septembre") a présenté dimanche à la Berlinale son documentaire très attendu sur Bob Marley. Ce film, qui a été réalisé avec la participation active de la famille de la légende du reggae, s'appuie sur de longs entretiens avec ses proches et sur des images tirées des archives familiales souvent inédites. "Marley" invite surtout à comprendre l'homme derrière l'icône.

Le but du réalisateur était d'approcher au plus près Robert Nesta Marley, né le 6 février 1945 dans un petit village de Jamaïque, et mort en pleine gloire d'un cancer généralisé le 11 mai 1981 à Miami. Et ce faisant, de comprendre les motivations des chansons du prophète du reggae afin que chacun puisse porter sur son oeuvre un regard neuf.

Un documentaire pour lequel la famille a beaucoup coopéré
La famille de Bob Marley, c'est une première, a travaillé main dans la main avec Kevin MacDonald. Ziggy Marley, le fils, en est le producteur exécutif, aux côtés de Steve Bing et Chris Blackwell (fondateur du label Island). Alors que l'héritage sans testament a donné lieu à une longue bataille homérique entre ses proches, ces derniers se sont en revanche entendus pour témoigner largement dans ce film.

Ses musiciens, producteurs, amis et certains hommes politiques viennent aussi raconter dans ce documentaire leur Bob Marley, permettant d'entrevoir quelques uns de ses ressorts intimes.

Rohan Marley, l'un des onze enfants (officiels) de Marley présents à l'écran, a expliqué dimanche à Berlin qu'un biopic sur son père aurait été impossible, sa "vibration" ne pouvant être "jouée" par aucun acteur, rapporte Hollywood Reporter. "En Jamaïque, quand tu es clair de peau, tu es un paria. Pour jouer mon père, ses combats et comment il les a surmontés, il faudrait me faire venir les larmes."

Comment Marley le métis a surmonté son statut de paria
Pour  Kevin Macdonald, l'un des aspects les plus importants de la légende Marley réside justement dans son origine métisse. Ni blanc, ni noir, il s'est "toujours senti à part", dit sa femme. Le titre "Cornerstone" dont la genèse est racontée en détail dans un passage poignant, est à cet égard évocateur. "La pierre qu'ont rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle" dit la chanson, reprenant un psaume de la Bible.

Ce statut d'éternel laissé pour compte explique sans doute, aux yeux du réalisateur, une partie de l'aura du chanteur, vénéré de la Jamaïque à l'Afrique, en passant par l'Europe et les Etats-Unis, comme le montrent les images de tags, posters, slogans, témoignages qui jalonnent le générique de fin du film.

Un réalisateur reconnu et admiratif de son sujet
Internationalement reconnu, notamment pour son film "Un jour en septembre" sur la prise d'otage des athlètes israéliens aux JO de Munich, Oscar du meilleur documentaire 2000, Kevin MacDonald a également été acclamé pour "Le Dernier Roi d'Ecosse", son film sur Idi Amin Dada.

"Pour moi, Bob est vraiment l'une des plus grandes figures culturelles du 20e siècle. Je ne vois pas quel autre artiste de musique populaire a eu un impact aussi durable", a-t-il souligné dimanche devant la presse.

Reste à savoir si,  cadré comme il l'est par la redoutable famille du musicien, le réalisateur a aussi pris la peine d'explorer les éventuelles zones d'ombres de ce grand esprit du XXe siècle.

"One Love" de Bob Marley