Eddy Mitchell au Palais des Sports : rencontre avec un artiste pudique et réservé

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/03/2016 à 18H10, publié le 18/03/2016 à 19H23
Eddy Mitchell au Palais des sports de Paris.

Eddy Mitchell au Palais des sports de Paris.

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Il avait annoncé en 2011 la fin de ses tournées, mais il avait ajouté ne pas vouloir renoncer aux concerts. Il a tenu parole. Six mois après la sortie de son nouvel album "Big Band" enregistré dans le studio mythique Capitol à Los Angeles, Eddy Mitchell le fait vivre sur la scène du Palais des Sports dans la magie flamboyante d'un grand orchestre de vingt et un musiciens.

Deux heures et dix minutes d'un récital à l'américaine et à l'ancienne : Monsieur Eddy y égrène quelques unes de ses nouvelles chansons comme ce double hommage à Frank Sinatra avec "Il faut vivre vite" (un titre original) et "Promets moi la lune" (adaptation du standard "Fly me to the moon") ou cette évocation émouvante de Martin Luther King ("Quelque chose a changé"). Et l'ambiance cuivrée de son accompagnement musical revisite les plus grands tubes de son répertoire qu'il interprète dans des arrangements réécrits pour la joie de ses fans de tous âges.

Il est heureux de se retrouver face à son public. Avec ce public, il n'en finit pas de partager les rêves d'Amérique du titi né en haut de la rue de Belleville. Dans son style original fait de country rock et de rhythm and blues, entre clins d'oeil aux héros de son enfance et chroniques sociales sur un fond d'ironie tendre, l'artiste raconte le monde désenchanté d'aujourd'hui.

"Je ne redoute pas d'être un vieux chanteur, mais je ne ferai pas la tournée ou le concert de trop" déclare volontiers le chanteur. Il est loin d'en être arrivé là.
Entretien : Michel Vial avec Mathieu Bénito et Laurent Crouzillac (16 Mars 2016)

Dans l'entretien qu'il nous a accordé avant son récital du deuxième soir, il nous confirme son plaisir intact à préparer et à enregistrer un disque. Il nous confie son regard sur la société et ses inquiétudes malgré ses cinquante cinq ans de métier. S'il aimerait avoir vingt ans aujourd'hui, il admet qu'il ne pourrait pas faire la même carrière. Et l'artiste populaire mais pudique et discret nous avoue sa timidité sous la désinvolture apparente.

Reste le parcours, commencé dans l'amateurisme bon enfant des Chaussettes Noires en 1960 et poursuivi en solo dès 1963, toujours accompagné d'excellents musiciens, il reconnait en être fier même si les doutes ne l'ont jamais abandonné. Pour lui, un succès ou un échec provoquent une angoisse identique. "La hantise du succès " - affirme t-il - "c'est justement de se dire qu'est-ce qu'on va faire après ?"

Concerts au Palais des Sports jusqu'au 27 Mars à 20 heures
Dates supplémentaires les 1, 2 et 3 Avril.

Le concert du 1er Avril sera retransmis en direct dans plus de 150 cinémas en France, Suisse et Belgique.