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Ce soir, à 19h50

Culture et Numérique : les premières pistes de la mission Lescure

Publié le 06/12/2012 à 20H34, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Pierre Lescure le 6 décembre 2012.

Pierre Lescure le 6 décembre 2012.

© Thomas Padilla/MaxPPP
La mission Lescure, chargée par le gouvernement d'une concertation sur la culture face aux enjeux du numérique, a dressé jeudi un bilan d'étape. Dressant un état des lieux de l'offre légale, elle a souligné "l'entrée à reculons" du livre dans le numérique. Elle a également lancé des pistes pour faire évoluer la lutte contre le piratage et pointé du doigt "les véritables bénéficiaires de la contrefaçon" que sont les sites internet illégaux.

Pour un soutien à la numérisation des oeuvres
La mission confiée par Aurélie Filippetti à l'ancien PDG de Canal+ Pierre Lescure, qui a déjà auditionné 60 organismes ou personnalités depuis fin septembre, relève que le livre "entre dans le numérique à reculons".

"On est trop loin du compte pour ne pas s'en inquiéter", a souligné Pierre Lescure. Ainsi, seuls 90.000 titres seraient aujourd'hui disponibles en numérique, pour 620.000 références disponibles en format papier.

Dans les autres secteurs, la musique propose une offre "dans l'ensemble riche et de qualité", souligne le rapport, même si la progression des ventes numériques ne compense pas l'érosion des ventes de disques.

Concernant le cinéma et l'audiovisuel, l'offre de vidéo à la demande (VàD) "est diversifiée mais ses prix, déjà relativement élevés, augmentent, et les catalogues restent incomplets", indique-t-il.

Face à ce constat, la mission souligne notamment qu'une réflexion sur le soutien à la numérisation des oeuvres paraît "indispensable".

Les pistes de la lutte anti-piratage
Concernant la lutte contre le piratage, la mission estime que la "réponse graduée" mise en oeuvre par l'Hadopi (la Haute autorité chargée de lutter contre le téléchargement illégal) "fait l'objet de nombreuses critiques" et que son efficacité "est difficile à évaluer précisément". Mais elle souligne aussi la nécessité de s'intéresser aux "véritables bénéficiaires de la contrefaçon, c'est-à-dire aux sites" internet illégaux plus qu'aux internautes contrevenants.

"Evidemment qu'on donnera la réponse à la question de l'avenir de la réponse graduée. Mais je dois vous dire d'ores et déjà que nos travaux pratiques seront beaucoup plus importants sur la lutte contre la contrefaçon et la façon dont se nourrissent les sites illégaux", a dit M. Lescure.

Afin de réorienter la répression contre eux, le rapport cite trois pistes, évoquées par les personnes auditionnées : "mieux responsabiliser les hébergeurs", "réduire la visibilité de l'offre illégale en agissant sur le référencement par les moteurs de recherche", ou encore "assécher les sources de revenus des sites contrevenants".

Les arguments d'un sceptique
Ces pistes n'ont semble-t-il pas convaincu tous les observateurs. Ainsi, le site spécialisé Numérama a-t-il publié un article critique sur la méthode, intitulé "Hadopi : pourquoi la mission Lescure va se planter". Selon l'auteur, le journaliste Guillaume Champeau, "Pierre Lescure perpétue l'erreur fondamentale de tous ceux qui ont cherché à lutter contre le piratage par la répression depuis 15 ans : ils pensent que le piratage naît de l'offre de contenus piratés, alors qu'elle naît de la demande."

Selon lui, "La seule solution efficace contre le piratage sera le développement d'une offre économiquement responsable, qui permette à chacun d'accéder au maximum d'oeuvres au coût le plus accessible possible." Car "on ne peut pas demander à un smicard de payer 120 euros pour écouter de la musique sur Deezer, de payer 500 euros par an pour recevoir Canal+, de payer encore 200 euros par an pour lire des livres sur sa liseuse électronique, puis de repasser à la caisse pour regarder des films, puis encore pour jouer à des jeux vidéo,...".