Sylvie Vartan, éternelle "lycéenne du twist", fête ses 70 printemps

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/08/2014 à 13H23, publié le 15/08/2014 à 11H21
Sylvie Vartan le 7 juin dernier au festival "Confluences" de Montereau, près de Paris.

Sylvie Vartan le 7 juin dernier au festival "Confluences" de Montereau, près de Paris.

© SADAKA EDMOND/SIPA

Sylvie Vartan, vedette yéyé puis vamp américanisée, fête ce 15 août ses 70 ans, après un demi-siècle passé sur les scènes du monde entier. Et l'année s'annonce chargée, avec un nouvel album prévu pour début 2015 et un 14e Olympia en avril. En attendant, elle est à l'affiche, à l'automne, du dernier film de Tonie Marshall.

"Je pense être une vieille âme", confiera un jour cette jolie blonde, française d'origine bulgare. "Depuis l'âge de six ans, j'ai l'impression d'en avoir 60. A 20 ans, j'avais déjà tout pigé de la vie". Et à désormais 70 ans, elle a toujours de l'énergie à revendre, avec un nouvel album prévu pour le début de l'année et un 14e spectacle en avril à l'Olympia, la salle mythique qui l'a vue devenir vedette à l'époque des "yéyés". Elle sera aussi sur les écrans, à l'automne, dans un film de Tonie Marshall, "Tu veux ou tu veux pas", tourné avec Patrick Bruel et Sophie Marceau.
Sylvie Vartan le 17 janvier 1964 avec les Beatles qui font sa première partie à l'Olympia.

Sylvie Vartan le 17 janvier 1964 avec les Beatles qui font sa première partie à l'Olympia.

© UPI / AFP
Jeune fille d'Iskretz, en Bulgarie

Sylvie Vartan est née le 15 août 1944, sept ans après son frère et futur mentor Eddie, à Iskretz près de Sofia. Son père est attaché de presse à l'ambassade de France. Elle a six ans lorsqu'un ami de ses parents la fait tourner dans un film. Elle en a huit quand sa famille part pour Paris dans l'espoir d'une vie  meilleure. Un arrachement qu'elle n'oubliera jamais, même si elle attend la fin du  communisme pour retourner dans son pays natal en 1990. Avec son deuxième mari, le producteur américain Tony Scotti épousé en 1984, elle adopte en 1998 une petite Bulgare, Darina.

Avec les Beatles à l'Olympia en 1964...

A Paris, où la famille Vartan arrive le 24 décembre 1952, les débuts sont difficiles. Ils vivent à quatre dans une chambre d'hôtel, cinq ans durant. Sylvie apprend le français, fréquente ses premières surprises-parties. La  famille déménage, Eddie sympathise avec le voisin Frank Ténot ("Salut les  copains"). Un jour, Eddie Vartan fait sécher les cours à sa soeur pour enregistrer "Panne d'essence" (1961) avec Frankie Jordan.Sylvie Vartan signe avec RCA, chante illico à l'Olympia où les Beatles se joignent à elle en 1964. De sa voix grave, elle interprète "Quand le film est triste" (1961) puis "Le Locomotion" (1962) et surtout "La plus belle pour aller danser" (1964), composée par  Charles Aznavour.
... et en pantalons à la télévision en 1965

Le succès, "je suis tombée dedans d'une façon violente, brutale, dès l'adolescence", raconte-t-elle. Mais "chanter, faire des disques, tout le monde peut y arriver. Monter sur scène, c'est une autre histoire". Elle travaille inlassablement et devient "une show woman exceptionnelle", selon l'expression du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand qui la fait Commandeur des Arts et Lettres le 14 décembre 2011. Elle s'impose dans ce métier difficile, "particulièrement pour les femmes"  selon la chanteuse qui essuie une tempête de critiques en 1965 lorsqu'elle est la première à chanter en pantalons à la télévision. Elle ne se laisse pas enfermer dans la légende de ses amours tumultueuses avec Johnny Hallyday, avec lequel elle forme le couple vedette du fameux concert de la Nation le 22 juin 1963 à Paris. Ils se marient le 12 avril 1965, ont un fils, David, né le 14 août 1966, divorcent en 1980.
Ces années-là, Sylvie chante "Comme un garçon" (1967) ou "Qu'est-ce qui  fait pleurer les blondes?" (1976), mais aussi, en duo avec Johnny, "J'ai un  problème" (1973). En 1968, elle survit à un accident de voiture dans lequel son amie d'enfance est tuée. Deux ans après, un nouvel accident l'oblige à rester six mois aux Etats-Unis pour retrouver son visage. Elle en profite pour suivre des  cours de danse et s'initier aux shows "à l'américaine".

Plus de cinquante ans de carrière

Installée à Los Angeles après son remariage, elle retrouve régulièrement son public en France où elle a acquis le statut de grande dame de la chanson. L'interprète de "L'amour c'est comme une cigarette" (1981) publie ses souvenirs dans "Si je chante" (1981) et "Entre l'ombre et la lumière" (2004). Elle a fêté ses cinquante ans de carrière en novembre 2011 à Paris avec l'Orchestre  symphonique de Bulgarie.