"Renaud on t'a dans la peau", un doc attachant à voir lundi sur France 3

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/05/2015 à 10H00
Renaud en 2002 sur le plateau de "Vivement Dimanche" (France 2).

Renaud en 2002 sur le plateau de "Vivement Dimanche" (France 2).

© BEP Frederic Dugit/Le Parisien/MaxPPP

Lundi 11 mai, Renaud fête ses 63 balais. A cette occasion, France 3 programme en début de soirée un documentaire sur le chanteur énervant, reclus depuis quelques années au grand désespoir de ses admirateurs, nombreux. Un documentaire plein de tendresse signé Didier Varrod et Nicolas Maupied, en forme de cadeau d'anniversaire.

"Mon portable sonne, c'était Renaud"


"Un certain dimanche, il était 13h, j'étais chez mes parents à Lyon et mon portable sonne. C'était Renaud", a raconté Didier Varrod lors de la projection de ce documentaire en avant-première.

"Il me dit (grosse voix) je viens voir ton film. On s'est dépêchés de lui montrer, mais il n'était pas terminé, c'était encore une copie de travail avec le time-code. (…) Sa présence était un cadeau inespéré. Je sais qu'il attend mon petit texto à la fin de la projection de ce soir pour savoir comment ça s'est passé", a-t-il confié, concluant "Je suis morgane de toi", une déclaration d'amour qui aurait pu tenir lieu de titre pour ce documentaire réalisé dans "l'après-Charlie", 13 ans après "Renaud, le rouge et le noir" diffusé sur France 3 en 2002.

Par pudeur, il a omis de dire que Renaud, sorti exceptionnellement de sa retraite, avait été ému aux larmes par ce film-hommage dans lequel plusieurs générations montrent que son esprit impertinent perdure et à quel point l'autoproclamé "chanteur énervant" d'hier fait aujourd'hui, malgré (ou à cause de) sa disparition des radars, l'unanimité.



Nicola Sirkis : "Renaud c'est mon Brassens à moi"


Dans un décor sobre et chaleureux – un banc, un arbre – quelques-uns des artistes qu'il a inspirés, Nicola Sirkis d'Indochine, Olivia Ruiz, Disiz, Nolwenn Leroy, Patrick Bruel, Louane, Grand Corps Malade, Raphael, Elodie Frégé, Oxmo Puccino, Alex Beaupain, Vincent Delerm, Benoît Dorémus et les auteurs Mazarine Pingeot et Johanna Copans,  témoignent leur admiration, et racontent "leur" Renaud.

"Renaud, c'est mon Brassens à moi", assure d'emblée Nicola Sirkis d'Indochine. Bruel reprend "Manu" à la guitare entre deux anecdotes, Vincent Delerm "Mistral Gagnant" au piano,  Grand Corps Malade lit "Société tu m'auras pas" et Olivia Ruiz "C'est quand qu'on va où ?".

Tous louent le petit loubard rigolard, le teigneux au grand cœur, le poulbot poil à gratter, l'insoumis bienveillant, le père fou d'amour et surtout l'amoureux des mots à la langue culottée et aux répliques savoureuses.


Quand Renaud slamme dans le 9-3


A ce "grand frère" dont on a pu suivre la vie intime via ses chansons tout au long de sa carrière, et en particulier sa vie de père – sa fille Lolita étant au cœur de nombreux classiques tels "Morgane de toi", "Mistral Gagnant" ou "Mon Amoureux" – le public reste lui aussi très attaché,  avec un fort sentiment de proximité.

Renaud, auquel on ne connaissait qu'un véritable ami, Coluche, considère d'ailleurs le public comme "mon pote à moi" et se félicite de ne pas être traité en "vedette sur un piedestal". Il le prouve dans une des séquences les plus émouvantes, lorsqu'en 2007 il vient lire un slam effronté devant 60 personnes dans une petite salle de Saint-Denis, où officiait Grand Corps Malade.


Pas besoin d'être un grand fan de Renaud pour apprécier la balade. D'abord parce qu'on y voit défiler la France des quarante dernières années par le bout d'une lorgnette tout à fait réjouissante, via des extraits d'émissions (notamment chez Polac où Renaud évoque Charlie Hebdo), de shows télés, de JT (notamment à Antenne 2 où il est interpellé par Gérard Holz) et de concerts. Ensuite parce qu'on peut y découvrir les facettes parfois insoupçonnées d'un personnage hyper attachant, dont la petite musique rebelle fait partie de notre patrimoine de râleurs impénitents.

"Renaud on t'a dans la peau", à voir lundi 11 mai à 20h50 sur France 3.