Renaud : la rechute ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 16/11/2011 à 16H27
Renaud à "Vivement Dimanche" sur France 2 en janvier 2010

Renaud à "Vivement Dimanche" sur France 2 en janvier 2010

© PhotoPQR/Le Parisien/ Frédéric DUGIT

"Le chanteur énervant" préféré des Français est au plus mal. "Il ne fait que boire, il se nourrit d'alcool. Il est dans un état épouvantable", s'inquiète son ami Hugues Aufray. Il y a quelques jours, c'est son frère Thierry Séchan qui tirait la sonnette d'alarme, parlant de "suicide à petit feu". Comment Renaud en est-il arrivé là ? Et a-t-il vraiment touché le fond ?

"Je vais bien, merci", assure l'interprète de "Mistral Gagnant" dans Le Parisien de mercredi, reconnaissant vivre "une période un peu difficile".  A 59 ans, Renaud aurait retrouvé ses vieux démons : la dépression et le pastis à toute heure. Tous ses proches l'affirment et se désespèrent. Pourtant, au Parisien,  il nie avoir replongé dans la boisson non-stop : "C'est faux, si avaler deux pastis dans un repas, c'est boire du matin au soir...", se défend-il.

Le journaliste du quotidien qui l'a croisé à La terrasse de la Closerie des Lilas ces derniers jours, n'en est pas moins formel:  le chanteur parle "en tremblant, sans jamais tourner les yeux vers son interlocuteur (...), le visage creusé par des cernes abyssaux".

Un exil doré en banlieue qui lui porte sur le moral
Son divorce récent avec Romane Serda, chanteuse starlette qu'il avait épousée en 2005, est-il la cause de cette descente aux enfers ? Il s'agit plutôt d'une rechute. Au début des années 2000, Renaud avait déjà fait état de sa dépendance à l'alcool dans sa chanson "Docteur Renaud, Mister Renard". Il avait ensuite assuré être guéri de sa dépendance grâce à son épouse.

Pourtant, personne n'a oublié l'interview choc qu'il avait donnée il y a un an au magazine Serge, dans laquelle il disait avoir perdu "la sève" et "l'inspiration". Surtout, le titi parisien confiait souffrir d'avoir quitté Paris et son quartier de Montparnasse pour une maison luxueuse à Meudon, un exil doré qui semblait déjà lui porter sérieusement sur le moral.

"Ma femme voulait un jardin pour le bébé" et  "comme un con, j'ai accepté de bonne grâce de trouver une maison. (...) J'habite une rue qui donne sur un cimetière (...). Je suis loin de Paris, de mes potes, de mes petits bistrots. Je m'étiole, je meurs à petit feu", se désespérait-il. Or, c'est toujours cette maison de 300 m2, désormais vide, qu'il occupe actuellement. De quoi filer le bourdon à n'importe quel boute-en-train.

"Laisse pas béton !" lui demande son frère
La semaine dernière, c'est son frère Thierry Séchan qui se fendait d'une longue lettre publiée sur le site Purecharts. "Ton comportement actuel s’apparente à un lent suicide, un suicide à petit feu. Que faire ? Te regarder sombrer les bras croisés ? Inimaginable !", écrit Thierry Séchan dans cette missive qui tiendra lieu de préface à son livre à paraître en janvier.

Dans Le Parisien mercredi, il a des mots très durs pour Romane Serda. "Ils n'avaient rien à faire ensemble. Lui est sensible, cultivé, elle était une petite midinette. Personne ne croyait en leur mariage". Pour lui Renaud "n'est pas un alcoolique" mais "il boit comme on peut prendre des anti-dépresseurs, pour aller mieux.", ajoute-il.

Hugues Aufray: "il faut qu'il se crée un nouvel univers"
Sur Europe 1 mercredi, c'est Hugues Aufray qui se dit 'inquiet". "Il faut qu'il change de maison et qu'il se crée un nouvel univers", préconise-t-il. Il plaide aussi, comme Thierry Séchan, pour un retour à la scène afin de sauver Renaud de l'ennui. "Je suis prêt à faire la première partie puis à l'accompagner à la guitare dans son orchestre. Il me dit: +Pourquoi pas ?+", témoigne-t-il. 

Mais Renaud ne veut rien entendre. "De toute façon, je n'ai pas de nouvelle chansons, je n'en écris plus, je n'ai pas d'inspiration", martèle-t-il dans Le Parisien. A voir le "boucan d'enfer" dans les médias que suscite sa dérive, on comprend pourtant qu'il n'aurait qu'à lever le petit doigt pour faire à nouveau un triomphe. Allez Renaud, un déclic !

"Mistral Gagnant" de Renaud