Nouvelles mesures pour la chanson française à la radio

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 10/11/2011 à 19H41
Camélia Jordana, jeune voix prometteuse de la chanson française.

Camélia Jordana, jeune voix prometteuse de la chanson française.

© JOFFET EMMANUEL/SIPA

Les radios musicales et la filière du disque, qui s'affrontaient par communiqués interposés depuis des mois, ont fini jeudi par se mettre d'accord. Fruit d'une concertation menée par le CSA, deux mesures ont été prises "en faveur d'une exposition accrue des chansons d'expression originale française".

Première mesure: Désormais, la période durant laquelle une chanson bénéficie de la qualification "nouvelle production" est portée de six à neuf mois afin de lui offrir une exposition plus longue.

Seconde mesure: A compter du 1er janvier, seuls les titres dont la durée de diffusion sera d'au moins deux minutes (contre une minute actuellement) seront pris en compte par le CSA dans le calcul des quotas, ainsi que ceux d'une durée inférieure à deux minutes dès lors qu'ils seront diffusés dans leur intégralité. Cette dernière mesure vise les radios qui contournent la règle des quotas en se contentant de diffuser de courts extraits.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a précisé que les radios disposeront de trois mois pour adapter leur programmation.

Les obligations des radios en matière de chanson française
Depuis 1996, les radios privées ont des obligations minimales en matière de diffusion de chansons d'expression française et c'est le CSA qui est chargé de veiller au respect de cette disposition.

Selon la loi, les quotas imposent 40% de chansons francophones dont 20% de nouveaux talents ou de nouvelles productions pour les radios généralistes. Pour les radios spécialisées dans la mise en valeur du patrimoine musical, le quota est fixé à 60% de chansons françaises dont 10% de nouvelles productions. Enfin pour les radios jeunes, le plancher est de 35% de chansons françaises mais avec 25% au moins de nouveaux talents.

Radios contre Filière musicale : la guéguerre
La filière musicale accusait depuis des mois les radios de concentrer les diffusions de nouveautés sur quelques titres et de contourner leurs obligations de diffusion d'oeuvres francophones, en tronquant les morceaux ou en les diffusant à des heures de faible écoute.

De leur côté, les radios reprochaient à l'industrie du disque de vouloir faire d'elles les boucs émissaires "de l'appauvrissement de la production francophone alors que la responsabilité en incombe totalement à l'édition et à la production musicale".