«Musulman orthodoxe s'abstenir»: Marie Laforêt condamnée pour discrimination

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 26/01/2012 à 17H59
Marie Laforêt en concert au Théâtre des Bouffes parisiens (12/09/2005)

Marie Laforêt en concert au Théâtre des Bouffes parisiens (12/09/2005)

© Joël Robine / AFP

En 2009, la chanteuse et comédienne avait publié une offre d’emploi dans laquelle elle demandait aux «musulmans orthodoxes» de «s'abstenir» d’y répondre. Le tribunal correctionnel de Paris l’a condamnée jeudi à 500 euros d'amende avec sursis pour discrimination raciale.

Marie Laforêt, qui vit aujourd’hui en Suisse, devra également verser un euro de dommages et intérêts au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples (Mrap).

Le 12 avril 2009, Marie Laforêt faisait paraître une petite annonce sur le site web www.lememo-nettoyage.com, en quête d’un service de nettoyage pour un appartement du IIe arrondissement de Paris. Sur l'offre d'emploi, il était indiqué: «Deux heures chaque lundi, mercredi, vendredi ou samedi. Petit chien (chihuahua) ; allergique ou musulman orthodoxe s'abstenir.»

Le Mrap avait porté plainte. Peu de temps après, Marie Laforêt, 72 ans, avait été identifiée comme étant l'auteur de cette annonce. Le 1er décembre dernier, lors d’une audience devant la 17e chambre, l'avocat de Marie Laforêt, Me David Koubbi, avait invoqué le «respect» de sa cliente pour les traditions musulmanes.

Marie Laforêt a nié toute intention raciste
La chanteuse «connaît le statut du chien dans l'islam», avait-il plaidé. Elle sait que «le chien est impur dans l'islam quand il est pratiqué de manière orthodoxe». Marie Laforêt n'avait «aucune intention raciste», avait ajouté le conseil, soulignant que son fils s'appelle Jean Mehdi Abraham, et que «sa femme de ménage depuis 25 ans s'appelle Fatima».

Jeudi, la 17e chambre a rendu le jugement suivant : «Quels que soient les mobiles qui aient pu animer la prévenue, la formulation explicite (...) établit la volonté qui était la sienne de ne pas embaucher les personnes concernées, étant observé qu'il lui suffisait de mentionner dans son annonce la présence à son domicile d'un chien pour que les candidats à son offre d'emploi ne tolérant pas cet animal, pour des raisons de santé, religieuses ou autres, renoncent d'eux-mêmes et en toute liberté à postuler, sans qu'il soit aucunement nécessaire de leur signifier de ‘s'abstenir’.»