Mort d'Yvette Giraud, ex-vedette de la chanson française au Japon

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/08/2014 à 18H31, publié le 08/08/2014 à 13H49
Yvette Giraud dans les années 50, photographiée par les studios Harcourt

Yvette Giraud dans les années 50, photographiée par les studios Harcourt

© STRINGER / AFP

La chanteuse française Yvette Giraud, qui a effectué la majeure partie de sa carrière au Japon où elle était devenue une vedette, s'est éteinte dimanche à l'âge de 97 ans, ont annoncé vendredi ses proches dans le carnet du Figaro.

Surnommée au Japon "Mademoiselle Hortensia", du nom de sa chanson fétiche, Yvette Giraud y était considérée comme "l'ambassadrice de la chanson française".

Née le 24 septembre 1916, mariée à l'un des anciens Compagnons de la Chanson, Marc Herrand, Yvette Giraud est d'abord recrutée en 1945 par le Théâtre aux armées des forces britanniques, séduit par sa magnifique voix grave. Elle débute en France l'année suivante chez Pathé Marconi avec "La Danseuse est créole" et "Mademoiselle Hortensia".

Yvette Giraud reprend ensuite avec succès des chansons du répertoire de l'époque comme "Les lavandières du Portugal", "Cerisier rose et pommier blanc", "L'Ame des poètes", "Les feuilles mortes", "C'est si bon" ou "J'ai deux amours" et des titres des Compagnons de la Chanson.
Les lavandières du Portugal, Yvette Giraud
A la fin des années 1950, elle interprète également la version française de "Love me tender", d'Elvis Presley, sous le titre "L'Amour qui m'enchaîne à toi". Après la disparition d'Edith Piaf en 1963, elle inclut dans son répertoire le célèbre "Hymne à l'amour", à l'origine conçu pour elle. La "Môme" lui avait demandé de renoncer à l'interpréter après la mort de son compagnon Marcel Cerdan. A partir du milieu des années 1950, elle commence à chanter au Japon. Le public nippon l'adopte immédiatement.

Décorée par l'empereur du Japon

De 1955 à 1999, elle se produira 35 fois au pays du Soleil Levant où les Japonais étaient sous le charme de son accent français. Le 14 février 1995, elle est même décorée par l'Empereur du Japon avant d'être élevée en France au rang de Commandeur des Arts et des Lettres.

Une chanson intitulée "Trente ans", écrite par son époux Marc Herrand, témoigne de son amour pour ses admirateurs japonais, selon le site des Compagnons de la Chanson. Son mari avait d'ailleurs quitté les Compagnons en 1952 pour lui apporter ses compétences de chef d'orchestre et d'arrangeur.

Yvette Giraud était également peintre et avait publié un livre de recettes de cuisine faciles à réaliser, paru notamment au Japon.

"C'était une artiste et une femme rayonnante qui aura su faire aimer au-delà de nos frontières le meilleur de la chanson française", a déclaré la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, saluant "une pure interprète, aux accents profonds".