Mike Brant : un film, une bio et un best of pour les 40 ans de sa mort

Par @Culturebox
Publié le 22/04/2015 à 19H11
Mike Brant dans l'émission "Entente Cordiale" en 1972

Mike Brant dans l'émission "Entente Cordiale" en 1972

© Jean Adda / Ina

Une biographie, un "best of" incluant un titre inédit, les grands succès repris par le jeune ténor Amaury Vassili, des hommages radio et TV et bientôt un biopic: Mike Brant, étoile filante de la chanson des seventies, est de retour 40 ans après son suicide en pleine gloire.

"Laisse-moi t'aimer", "Rien qu'une larme", "C'est ma prière", "Dis-lui", "Qui saura"... : de 1969 à avril 1975, le chanteur israélien à la voix puissante et au sourire angélique mais teinté de mélancolie aura marqué l'époque avec des titres célébrant l'amour et la paix.

Sacré idole et sex-symbol en quelques mois, Mike Brant a connu un immense succès avec plus de quinze millions de disques vendus en six ans, et autant depuis sa tragique disparition à l'âge de 28 ans. En pleine dépression nerveuse, le chanteur de charme se défenestre le 25 avril 1975 à Paris, après une première tentative de suicide quelques mois plus tôt en Suisse. Il repose au cimetière de Haïfa, en Israël.

En 2010, à Paris après Tel Aviv, un spectacle musical mobilisant un sosie mettait en scène les difficultés du chanteur à gérer son succès fulgurant mais aussi à supporter l'indigence de certaines de ses chansons qu'il ne supportait plus. L'impresario des dernières années était présenté comme un affairiste forcené qui l'aurait exploité et surtout entraîné dans la drogue.

Deux ans après la mort de Mike Brant, Simon Wajntrob a été retrouvé tué de deux balles dans le Bois de Boulogne. Alain Krief, le directeur artistique du chanteur, s'est jeté sous le métro quelques temps après.

Une "faille" dans sa vie


Après des petits métiers en Israël dont celui de gardien de vaches dans un kibboutz, Mike Brant devient chanteur d'orchestre. En 1968, il est engagé dans un nightclub de Téhéran. De passage, Sylvie Vartan et son secrétaire Carlos lui proposent de tenter sa chance à Paris. Il accepte. Ecrit et composé sur mesure par Jean Renard, "Laisse-moi t'aimer" l'installe aussitôt au sommet du hit parade.

"Si je meurs demain, sache que j'ai vécu comme 100 hommes qui ont vécu 100 ans chacun", avait confié Mike Brant à son frère Zvi. "Mon frère était vidé et à bout. Il ne supportait plus les gens qui rôdaient autour de lui", dit-il à l'occasion de la sortie d'une biographie officielle, "Mike Brant Inoubliable", signée Pierre Pernez (Editions City).

Pour Fabien Lecoeuvre, spécialiste de la chanson française, "la vraie vie de Mike Brant était restée en Israël". "En France, il n'était qu'un chanteur, une image, une voix... On n'explique jamais un geste aussi grave et complexe que le suicide. Il y avait une faille dans la vie de Mike, un espace entre lui et le monde, un vide, et ses liens trop fragiles n'ont pas pu le retenir à la vie".

Avec le soutien de la famille du chanteur, le réalisateur israélien Eytan Fox tourne actuellement un biopic sur la vie de Mike Brant incarné par le jeune acteur Omer Dror. Le producteur français Alain Goldman ("La Môme" avec Marion Cotillard) est dans le tour de table. Sortie en salles prévue fin 2015.