Léo Marjane, doyenne de la chanson française, s'éteint à 104 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/12/2016 à 13H30, publié le 19/12/2016 à 10H36
Léo Marjane en 2012, l'année de sees 100 ans

Léo Marjane en 2012, l'année de sees 100 ans

© BERTRAND GUAY / AFP

Léo Marjane, vedette des années 40 et doyenne de la chanson française, est morte dimanche d'une crise cardiaque à 104 ans, a annoncé lundi son fils, Philippe de Ladoucette. Léo Marjane, née Thérèse Gendebien, a enregistré plus de 180 chansons entre 1932 et le milieu des années 50.

Il est des voix qui vous envoûtent et dont il est difficile de se détacher. Léo Marjane était de celles-là. Lorsqu’elle enregistra des adaptations de succès américains à la fin des années 1930 accompagnée par Wal-Berg, l’arrangeur le plus swing du moment, ce fut une petite révolution dans le monde de la chanson française (La chapelle au clair de Lune). Elle avait 25 ans et une belle carrière devant elle : disques, radio, cinéma, music-hall, cabaret… 
Retour sur la carrière de Léo Marjane
Vedette incontestée pendant la guerre, elle est à peine concurrencée par la jeune Edith Piaf, de trois ans sa cadette et en pleine ascension mais qui s’exprime dans le style « chanson réaliste ». Léo Marjane connaît la gloire (tous les femmes de prisonniers fredonnent Je suis seule ce soir), puis des lendemains plus difficiles après la guerre. C’est en Amérique durant la première moitié des années 1950, qu’elle vit selon ses dires sa plus belle période, au contact des stars d’Hollywood, des caméras de télévision et du public de cabaret qui sait reconnaître les chanteuses d’exception.    

Le Québec l’accueille merveilleusement puis c’est le retour définitif en France, où Marjane aborde un répertoire d’auteur (Ferré, Bécaud, Aznavour, etc.) mais ne cherchera guère à lutter face à la déferlante yéyé qui au début des années 60 balaie toute une génération d’interprètes. Elle se retire auprès de son mari, le baron Charles de Ladoucette, dont elle partage la passion pour les chevaux. Elle ne sort de son silence médiatique qu’au début des années 2000 et voit son centenaire célébré sur toutes les antennes. Elle est alors la doyenne de la chanson française.