Le concert new-yorkais de Patrick Bruel : entre rap, Elvis... et politique

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/11/2014 à 10H49, publié le 02/11/2014 à 17H57
Patrick Bruel au Beacon Theatre de New York, le 1er novembre 2014.

Patrick Bruel au Beacon Theatre de New York, le 1er novembre 2014.

© DAVE KOTINSKY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le chanteur Patrick Bruel, de retour sur la scène new-yorkaise après sept ans d'absence, était comme chez lui, ce samedi samedi 1er novembre au Beacon Theatre. Et a joué une musique variée, du hip-hop jusqu'au rock d'Elvis, qu'il a saupoudrée d'une touche de politique française.

Agé de 55 ans, le Français a confié aux 3.000 spectateurs venus l'écouter samedi soir au Beacon Theatre être ravi de revenir à New York, où il a vécu deux ans en 1979-1980 avant de démarrer sa carrière en France.

Vêtu d'une veste en cuir et accompagné de trois danseurs new-yorkais de hip-hop - rencontrés quelques heures auparavant - Patrick Bruel a rappé sa célèbre chanson "Alors Regarde", titre d'un album de 1989, quatrième album le mieux vendu en France, tous artistes confondus. Guitare acoustique à la main, il a aussi chanté en anglais "Can't Help Falling in Love" d'Elvis Presley.

"Lequel de nous" aux accents politiques

Il a en outre apporté une touche politique à son concert en invitant les spectateurs à garder en eux sa chanson "Lequel de nous", dans laquelle il invite chacun à "voir en l'autre tout le contraire d'une menace". Des images de rivaux historiques ont été projetées sur l'écran derrière le chanteur, dont la fameuse poignée de mains de 1993 à la Maison Blanche entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, provoquant des applaudissements particulièrement nourris.

"Les chansons suffisent à elles-mêmes normalement. Parfois on ajoute quelques images, quelques mots avant les chansons pour les présenter mieux", a expliqué le chanteur, à la presse après le concert. Le "désir de paix, c'est une partie de notre quotidien, une préoccupation à  tous", a-t-il plaidé. D'origine juive, Patrick Bruel a toujours refusé de répondre aux appels de militants à boycotter Israël. Il se décrit comme un pacifiste et critique régulièrement l'extrême-droite en France.

Bowie et Chopin

Evoquant son pays, il a estimé que celui-ci traversait "une période très difficile". "On fait croire que cette crise (économique) de 2008 est passée. Cette crise n'est pas passée ; cette crise est extrêmement présente, extrêmement violente", a-t-il estimé. "Aujourd'hui, on est dans une situation où il faut mettre les choses un peu à plat et enlever aux gens ce sentiment de peur, d'inquiétude et de panique",  a-t-il relevé.

Bruel s'est aussi assis au piano pour jouer "Life on Mars?" de David Bowie ou la version condensée d'un Nocturne de Chopin, Opus 9, numéro deux. "Je suis devenu un artiste de plus en plus libre. Je me permets de jouer les musiques que j'aime", a-t-il expliqué.