La RATP autorise finalement la mention "chrétiens d'Orient" sur l'affiche du groupe Les Prêtres

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/04/2015 à 16H20, publié le 06/04/2015 à 19H52
Le groupe musical Les Prêtres, composé de deux prêtres, Jean-Michel Bardet (gauche), Charles Troesch (droite), et d'un séminariste Joseph Dinh Nguyen Nguyen (au centre), en 2010.

Le groupe musical Les Prêtres, composé de deux prêtres, Jean-Michel Bardet (gauche), Charles Troesch (droite), et d'un séminariste Joseph Dinh Nguyen Nguyen (au centre), en 2010.

© Anne-Christine Poujoulat / AFP

La polémique est close : les affiches du prochain concert du groupe Les Prêtres prévu le 14 juin porteront bien la mention "en faveur des chrétiens d'Orient", annonce la RATP. La régie des transports parisiens avait refusé cette mention dans un premier temps au nom de la neutralité du service public et du principe de laïcité.

L'évêque de Gap et fondateur du trio musical Les Prêtres, Mgr Di Falco, a confirmé lundi soir sur Twitter qu'il avait eu l'assurance de la RATP en ce sens. Rappel des faits

La société de transports avait créé la polémique en refusant d'apposer la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient", sur des affiches annonçant un concert du groupe Les Prêtres, placardées dans le métro du 24 au 30 mars.

La RATP avait invoqué le "principe de neutralité du service public" dans "le contexte d'un conflit armé à l'étranger" pour ne pas faire figurer cette mention sur les 250 affiches du concert. La société de transports avait estimé que "ce dossier montre les difficultés croissantes d'appliquer les règles de neutralité et de laïcité au sein des espaces publicitaires de la RATP."

Cette décision avait suscité l'incompréhension dans les milieux catholiques, qui avaient crié au dévoiement de la laïcité. Les responsables politiques ont été nombreux eux aussi à réagir ce week-end. Le Premier ministre Manuel Valls a appelé dans un tweet la RATP à "assumer ses responsabilités". Mgr Di Falco : "on doit prendre parti pour les chrétiens d'Orient"

Dans une interview publiée lundi dans Le Parisien, Mgr Di Falco s'agace de ce refus de la RATP, alors que les chrétiens d'Orient sont toujours la cible de groupes jihadistes. Ce qui l'a le plus dérangé dans les arguments de la RATP, dit-il, ce n'est pas l'invocation du principe de laïcité. Mais le fait qu'elle juge "que cette mention (de chrétiens d'Orient) "équivalait à prendre parti dans un conflit".

Pour lui "ça, c'est très grave. Les chrétiens d'Orient qui se font massacrer n'ont jamais déclaré la guerre à qui que ce soit. A partir du moment où d'autres que moi, bien plus qualifiés, parlent d'un quasi-génocide, on doit prendre parti pour les chrétiens d'Orient", dit-il. "N'oublions pas que c'est faute de ne pas avoir dénoncé les persécutions qu'enduraient les juifs qu'il y a eu la Shoah !"

La CHREDO maintient son référé qui doit être examiné mercredi

La coordination des chrétiens d'orient (CHREDO) a saisi en référé vendredi dernier le tribunal de grande instance de Paris afin de contraindre la RATP et sa régie publicitaire Métrobus à permettre cette mention.
Le président de la Coordination des chrétiens d'Orient en danger (Chredo), Patrick Karam, a indiqué lundi qu'il maintenait son action en référé contre la RATP, car, dit-il, "on veut une jurisprudence. On veut (...)une condamnation pour éviter ce comportement. On ne veut pas de l'arbitraire dans un Etat de droit" . Ce référé doit être examiné mercredi.
la RATP n'a pas été "digne d'une grande entreprise publique"
   
"L'attitude de la RATP n'a pas été appropriée, elle n'a pas été digne d'une grande entreprise publique", a dit Manuel Valls , mardi, devant l'Assemblée nationale, en réponse à une question du député UMP Eric Ciotti.

"C'est la raison pour laquelle, a poursuivi M. Valls, le gouvernement est intervenu pour dire très clairement qu'il y a des signes, qu'il y a des symboles, qu'il y a une sensibilité qu'il faut être capable d'avoir face notamment au martyre des Chrétiens, un peu partout en Orient".
   
M. Valls s'était également alarmé lundi, appelant la RATP à "assumer ses responsabilités".